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mardi 18 juillet 2017

Un an avec le Club Lecture Mango & Salt

Il y a presque un an, je décidai de joindre le Club Lecture Mango &Salt pour son Summer Challenge, lisant ainsi 5 ouvrages en l’espace d’un peu plus d’un mois, et ravivant ma passion pour ce loisir que j’avais un peu délaissé ces dernières années. Une fois le mois de septembre arrivé, j’ai choisi de continuer à lire les ouvrages du club, afin de sortir un peu de mes habitudes de lecture (à savoir du fantastique et du policier, principalement). Et depuis, je n’ai pas publié le moindre post à ce sujet… Il faut dire que j’ai tendance à détailler longuement mon avis sur les différents livres qui sont passés entre mes doigts, ce qui rend ce genre d’articles très long à écrire pour moi, et à lire pour vous. Je dois avouer que j’admire celles qui arrivent à écrire de façon claire et concise sur leurs lectures, et à en faire un exercice régulier ! Mais comme le dit si bien le proverbe, c’est en forgeant que l’on devient forgeront, ou plutôt dans mon cas, c’est en écrivant des posts lecture qu’on devient… euh… enfin vous avez compris hein ;)

Ainsi, à l’occasion de ce premier anniversaire du Summer Challenge, et maintenant que Victoria a dévoilé le contenu de la nouvelle édition (sur lequel je reviendrai dans un prochain post), j’ai décidé de faire un retour sur les livres que j’ai lus avec le club. Alors autant vous prévenir de suite, OUI, cet article sera un pavé, même si je vais faire de mon mieux pour être le plus concise possible. Et encore, dites-vous que ça aurait pu être pire, car j’ai sauté quelques éditions du club, donc la liste d’ouvrages que j’ai à vous présenter est raccourcie ;) Alors installez-vous confortablement et servez-vous un grand verre de thé glacé avant de vous lancer dans la lecture de ce post!



Septembre: Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy
Le premier livre que j'ai lu dans le cadre du club est un grand classique de la littérature anglaise : Loin de la Foule Déchaînée, de Thomas Hardy. Il narre l'histoire de Batsheba (ou Barbara, dans la traduction que j'ai lue), une jeune fermière indépendante, courtisée par trois hommes différents : un berger qui lui sera fidèle toute sa vie et travaillera à ses côtés en ne souhaitant que son bonheur ; un riche fermier totalement bouleversé par Barbara après que celle-ci lui ait envoyé un billet d'amour pour plaisanter ; et un jeune soldat volage qui rendra la fermière folle d'amour, au point qu'elle l'épousera en secret, avant de déchanter au sujet de cet homme qui dépense toute sa fortune au jeu. Ce n'est pas du tout le genre de roman que j'ai l'habitude de lire, n'étant pas une amatrice d'histoires d'amour, mais mon objectif en participant au Club Lecture MS, c'était de sortir un peu de ma zone de confort. C'est pourquoi je suis contente d'être venue à bout de ce livre, que je n'ai ni vraiment aimé, ni vraiment détesté. Je ne me suis pas vraiment sentie immergée dans l'Angleterre Victorienne, car l'histoire se situe dans un coin de campagne assez isolé, et il était donc assez difficile de se rendre compte des moeurs et usages de l'époque. Seules les remarques (sexistes) de l'auteur sur Barbara m'ont laissé entendre qu'elle ne rentrait pas dans le moule, mais en réalité je ne disposais d'aucun autre point de comparaison féminin.

J'ai également eu du mal à m'attacher aux protagonistes du roman. La plupart des personnages masculins, à l'exception des trois prétendants de Barbara, sont des paysans dépeints de façon assez grotesque. Gabriel, l'amoureux fidèle de Barbara, m'est apparu comme un personnage trop chevaleresque, tant son calme et sa dévotion envers la jeune femme frôlaient le ridicule à mes yeux. Le coup de l'amoureux qui reste auprès de la femme qu'il aime pour veiller sur elle après avoir été rejeté plusieurs fois, et qui souhaite sans cesse le meilleur pour elle même lorsque la demoiselle se montre odieuse envers lui, c'est certes romantique, mais pas vraiment réaliste pour moi... Le personnage du sergent Troy est volontairement construit pour être antipathique, et j'ai trouvé assez ridicule la façon dont il tente de se racheter une conduite à la fin du roman. Le seul personnage pour lequel j'ai ressenti un peu d'empathie est le fermier Oak, rendu fou d'amour par la plaisanterie de Barbara et qui se fera éconduire de nombreuses fois avant de sombrer dans la folie. Les rares personnages féminins sont assez insipides, probablement pour mieux laisser Barbara dans la lumière. J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage que j'ai trouvé puéril, arrogant et cruel, comme une enfant gâtée. Le seul moment où je l'ai vraiment appréciée, c'est lorsqu'elle expose ses pensées à propos du mariage, de son refus d'appartenir à un homme et de sa volonté de s'accomplir en tant que femme seule. C'est probablement le seul passage du livre où j'ai réellement ressenti son caractère fougueux et indépendant.

Mais en réalité, ce que j'ai le moins aimé dans cette oeuvre, c'est l'auteur lui-même. D'habitude, quand je lis un roman, je visualise les personnages comme des être réels, vivant dans leur univers, avec leurs traits de caractère, et auxquels je m'attache plus ou moins. Ici, les interventions fréquentes de l'auteur ont eu pour effet de me "ramener à la réalité", de me faire sentir que tous ces êtres n'étaient que fictionnels et crées par lui. Ainsi, au lieu d'en vouloir directement à un personnage pour ses actions ou ses paroles comme je le fais d'habitude, j'en ai voulu à l'auteur d'avoir donné cette personnalité à ses protagonistes. J'ai surtout eu cette sensation concernant Barbara, à laquelle j'avais envie de m'attacher, mais j'avais l'impression que Thomas Hardy persistait à la rendre détestable. En la comparant sans cesse aux autres femmes de l'époque, il me faisait l'effet d'être mécontent des caprices de sa création et de ne jamais valider ses actions. En résumé donc, une histoire assez lente qui ne m'a pas passionnée sans vraiment m'ennuyer non plus (et dont je connaissais plus ou moins la fin dès le début de ma lecture car la quatrième de couverture me l'avait dévoilée en grande partie... Est-ce qu'on peut m'expliquer l'intérêt du truc?!), des personnages qui ne m'ont globalement pas convaincue, et un auteur assez agaçant dans ses remarques. Je suis donc très loin du coup de coeur ressenti par Victoria pour ce roman (qui fait désormais partie de ses livres préférés, je vous invite à aller lire son avis, totalement différent du mien!), mais je n'ai pas non plus vécu cette lecture comme un calvaire. Malgré ça, je serais presque curieuse de voir l'adaptation cinématographique avec Carrey Mulligan, histoire de voir si je peux m'attacher à Barbara tout de même.

Crédit photo : Mango & Salt

Octobre : Le crime d’Halloween d’Agatha Christie et Marina de Carlos Ruiz Zafon
En octobre, le thème était bien évidemment Halloween. Le livre choisi était un roman d'Agatha Christie, une vraie madeleine de Proust pour moi. J'ai en effet lu un grand nombre de ses écrits (si ce n'est tous!) dans mon adolescence, que j'empruntais à ma mère dans sa bibliothèque chez mes grand parents. J'avais donc déjà lu Le Crime d'Halloween (aussi nommé La Fête du Potiron dans son ancienne traduction) mais heureusement pour moi, je ne me souvenais pas du dénouement! En plus de ça, l'édition que j'avais entre les mains pour la lecture avec le club avait été chinée chez Emmaüs car je ne trouvais pas ce roman à la médiathèque (merci à ma maman de me l'avoir dégoté et envoyé!) et possédait cette odeur si caractéristique aux vieux livres. Un vrai retour dans le passé, donc!

À Woodleigh Common, petit village résidentiel à quelques miles de Londres,les préparatifs pour la fête du Potiron battent leur plein. La jeune Joyce, réputée pour sa tendance à l'affabulation, raconte avoir été témoin d'un meurtre. Sur le moment, personne n'y croit, mais lorsque la fillette est retrouvée morte à la fin de la soirée les convives commencent à douter. Et si Joyce avait dit la vérité? Le célèbre Hercule Poirot va mener l'enquête dans ce petit village paisible où tout le monde se connaît, et où les secrets sont pourtant plus nombreux qu'on ne l'imagine...

Même si j'ai apprécié cette lecture pour tous les souvenirs qu'elle m'a rappelés, je dois admettre que ce n'est pas l'un des meilleurs romans d'Agatha Christie. L'enquête progresse assez mollement, menée par un Hercule Poirot vieillissant et fatigué, qui semble moins vif d'esprit qu'à l'accoutumée. Certaines indices sont parfois très grossiers, d'autres complètement flous, et ne permettent pas d’échafauder de théories sur l'identité du meurtrier. Le dénouement et le mobile du crime sont classiques des romans d'Agatha Christie (spoiler : ça tourne autour d'un amour secret et d'un héritage). Ce n'est donc pas l'ouvrage que je vous recommande si vous souhaitez découvrir l'univers de cette auteure, d'ailleurs je ne pense pas me tromper en disant que de nombreux membres du club ont été déçus par ce livre.

Comme je connaissais déjà l'oeuvre d'Agatha Christie (et aussi que j'en avais fini avec La Fête du Potiron en moins de trois jours), j'ai choisi de lire un autre livre de la sélection du mois. Mon choix s'est porté sur Marina de Carlos Ruiz Zafon, pour la simple et bonne raison que c'était le seul que je pouvais trouver dans ma médiathèque, même si les résumés que j'avais pu lire sur Internet ne m'attiraient pas plus que ça.

Barcelone, dans les années 80. Oscar est pensionnaire dans un internat mais profite de ses heures libres pour explorer les vieux quartiers de la ville. Lors d'une de ses escapades, il fait la rencontre de Marina, une jeune fille solitaire et un brin mystérieuse, qui vit dans un grand manoir avec son père malade. Elle l'emmène dans un des cimetières de la ville, où se trouve une étrange tombe sans nom, seulement gravée d'un dessin de papillon, et sur laquelle vient se recueillir tous les jours une étrange femme encapuchonnée. Bien décidés à élucider cette énigme, Oscar et Marina la prennent en filature, sans se douter qu'ils se retrouveront entraînés dans une effrayante aventure. Ce qu'Oscar ignore cependant, c'est que Marina possède elle aussi des propres secrets...

Cette lecture, c'est l'incarnation même du proverbe "le hasard fait bien les choses"! Ce qui n'était qu'un choix par défaut au départ s'est vite transformé en un véritable coupe de coeur. Ce roman s'est avéré absolument parfait pour Halloween, à la fois glaçant et émouvant, empreint de la saveur amère du passé et de fascination pour les objets cassés. J'ai adoré l'ambiance fantastique teintée d'épouvante et de mélancolie, digne d'un film de Tim Burton, et j'ai d'ailleurs trouvé que l'intrigue et l'atmosphère se situent à mi-chemin entre Sleepy Hollow et Edouard aux Mains d'Argent, deux de mes films préférés. Le style très poétique de Carlos Ruiz Zafon est un vrai régal, et n'entrave en rien le suspense du récit. En bref, une superbe découverte!

Novembre : Le voile de Téhéran de Parinoush Saniee
Les romans du mois de novembre traitaient de la condition de la femme au Moyen-Orient, et la sélection faite par Victoria promettait une lecture très intéressante quel que soit le choix du club, bien que je ne sois pas du tout habituée à ce genre de récit. C'est finalement Le Voile de Téhéran qui a été retenu, un livre interdit de publication en Iran, pays d'origine de l'auteure.

Dans ce roman, nous suivons la vie de Massoumeh, jeune fille romantique et férue de littérature, dont le rêve est de poursuivre des études supérieures, contre l'avis de sa mère qui estime qu'une femme doit uniquement se concentrer sur son mariage. Heureusement, son père l'autorise à poursuivre sa scolarité, et sur le chemin de l'école, elle croise le regard d'un jeune pharmacien dont elle tombe amoureuse. Les deux jeunes gens n'échangeront rien de plus que quelques lettres romantiques, mais cela suffira pour que la mère et les frères de Massoumeh déclarent que l'adolescente a jeté le déshonneur sur la famille. Elle sera donc mariée de force à un inconnu, qui s'avérera être un fervent opposant au gouvernement. Massoumeh se retrouvera ainsi plongée au coeur de la révolution iranienne et fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger sa famille au cours de cette période troublée.

Je pense que personne au Club n'est resté insensible face à ce roman. Pour ma part, j'ai été, dès le début, révoltée par la façon très violente dont Massoumeh est traitée par sa propre famille, et en particulier sa mère qui est paradoxalement la plus stricte concernant son éducation, ses projets d'avenir et sa supposée bonne conduite aux yeux de l'Islam. Au lieu de lui apporter son amour, son soutien et sa protection, elle est la plus prompte à répudier sa fille, allant parfois même jusqu'à souhaiter qu'elle fut morte à la place d'une de ses soeurs. Et encore, je n'ai compris que plus tard dans le récit que l'enfance de Massoumeh se déroulait avant la révolution iranienne, donc avant la prise du pouvoir par les islamistes, alors je n'ose meme pas imaginer ce que subissent les jeunes femmes aujourd'hui. Si j'avais bien entendu déjà songé à la notion de mariage forcé, c'est la première fois que j'étais confrontée aussi violemment à cette réalité. Voir cette adolescente enfermée dans sa chambre pendant que ses prétendants défilent devant sa famille, qui cherche à se débarrasser d'elle au plus vite, telle une marchandise déclassée, quitte à la céder au premier venu, fût-il trois fois plus âgé qu'elle, alcoolique et violent, m'a profondément écoeurée. Massoumeh écope finalement d'un mari qui se montre relativement respectueux envers elle, refusant même de la toucher au début de leur relation, mais j'imagine que bon nombre de jeunes filles dans le monde ont malheureusement beaucoup moins de "chance" sur ce point...

Ce roman traite également d'une partie de l'histoire que je connaissais seulement de nom : la révolution iranienne. On assiste à la montée en puissance de la révolte, à sa répression par l'armée du Shah (avec emprisonnements arbitraires et torture à la clef...), à sa récupération par les islamistes et à la mise en place du nouveau gouvernement, ainsi qu'à la guerre avec l'Irak qui a suivi la révolution, avec toutes les privations et la peur qui en découlent. J'ai trouvé ces passages à la fois effrayants et attristants, bien évidemment, mais aussi passionnants, car j'ai depuis quelques temps l'envie d'approfondir mes connaissances historiques et géopolitiques et cette lecture m'a permis d'en savoir plus sur cette période.

Le Voile de Téhéran est un donc récit à la fois émouvant et enrichissant. J'ai réellement été happée par ce livre, et je me suis énormément attachée au personnage de Massoumeh, partageant ses joies et ses peines, et tremblant avec elle dans ses moments de crainte. Si je devais vous recommander une seule lecture parmi toutes celles que je vous présente dans cet article, c'est celle-ci!



Janvier: Cent Ans de Herbjorg Wassmo
Ayant pris du retard sur ma lecture de novembre, je n'ai pas participé à l'édition de décembre, mais je pense que je n'ai pas manqué grand chose car les retours que j'ai lus sur le groupe Facebook du club à propos du livre choisis n'étaient pas très élogieux. Je suis donc directement passée à la lecture de janvier, qui mettait en avant des auteurs du nord de l'Europe.

Cent ans, c'est quatre générations. Quatre femmes, liées par le sang, depuis Sara-Susanne, l'intrépide arrière grand-mère qui servit de modèle pour une fresque dans une église au nord de la Norvège, jusqu'à la jeune Herbjorg, qui couche tous ses secrets dans son carnet, en se cachant pour ne pas être vue de "lui". Et au milieu, il y a Elida, la grand-mère, qui a quitté les fjords pour la capitale, suivant son mari malade et bouleversant tous ses liens familiaux, et Hjordis, la mère, en manque de repères, manque qui se fera d'ailleurs cruellement ressentir sur la petite Herbjorg. Quatre femmes dont on suit le destin, lit les pensées et pénètre les sentiments, scrute les choix et leurs conséquences sur le reste de la lignée, observe leurs rapports, leurs failles, en un mot, leurs vies. Et en filigrane, c'est aussi l'histoire de la Norvège qui se dessine, avec ses fjords coupés du reste du monde en hiver, son soleil de minuit, et sa capitale si différente des grands espaces du nord.

J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture. Globalement, je l'ai plutôt appréciée, même si là encore on est sur un genre très différent de ce dont j'ai l'habitude. Mais j'ai mis énormément de temps à venir à bout de ce livre, j'ignore pourquoi. Peut-être parce qu'à cette période de l'année j'avais assez peu de temps pour la lecture, étant souvent en déplacement professionnel. La lenteur du récit a probablement joué aussi, tout comme le fait que certains passages se sont avérés assez obscurs à mes yeux. J'ai en effet parfois eu du mal à comprendre pleinement les émotions et réactions de certains protagonistes, comme s'il me manquait un niveau d'interprétation. J'ignore si cela est dû à une différence culturelle entre la Norvège et la France, ou si le problème venait simplement de moi, si j'ai manqué d'empathie et de subtilité. J'ai tout de même ressenti de l'attachement pour les personnages de Sara-Susanne et Elida, qui sont celles dont la vie est la plus décrite dans le livre. En alternant les points de vue des quatre femmes, on peut constater quelles pensées les ont amenées à privilégier un chemin plutôt qu'un autre, et voir de quelle manière leurs choix étaient perçus et compris (ou non) par leur entourage, ainsi que la façon dont ces décisions ont joué dans la construction identitaire de leur descendance.

J'ai également apprécié le voyage à travers les fjords norvégiens au début du XXe siècle, et la découverte du quotidien des habitants dans ces zones rurales au climat rude. Là bas, les bateaux forment les seuls liens avec le reste du pays, la pêche est une activité vitale et les déplacements des bancs de poissons sont guettés avec attention, le sel est une denrée essentielle (notamment pour la conservation des produits de la pêche), et le retour du printemps est attendu avec impatience chaque année. J'avais en tête les images d'un monde sauvage et d'une nature indomptable, bien loin de celle que je connais même au plus fort de notre hiver beaucoup plus clément, et cette lecture a exercé sur moi un fort pouvoir d'évasion. Au final, c'est un livre qui s'est avéré plutôt agréable malgré sa longueur et ses quelques passages impénétrables, et je crois qu'en fin de compte cette lenteur a fait écho au sentiment de ralentissement qui m'a habité durant l'hiver.



Avril (mai) : L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
J’ai ensuite séché le club lecture pendant deux mois, tant j’ai mis de temps à finir le livre de janvier, ce qui m’a sans doute un peu démotivée, inconsciemment. Le fait que les thèmes de février et mars ne m’attiraient pas plus que ça n’a probablement pas aidé. Et puis, en avril, le livre proposé était L’ombre du vent, le premier ouvrage de Carlos Ruiz Zafon. D’un coup, mon intérêt pour le club s’est réveillé, car j’étais ravie de lire une nouvelle œuvre de cet auteur que j’avais découvert quelques mois plus tôt, lors de l’édition d’Halloween. Malheureusement, j’ai mis du temps à me procurer ce livre car il était déjà emprunté à la bibliothèque, et je n’ai donc pu le lire qu’au mois de mai, à la place de l’ouvrage proposé pour ce mois (un recueil de nouvelles de Sherlock Holmes, que j’aurais apprécié lire car ma dernière rencontre avec les écrits de Sir Conan Doyle dataient d’il y a des années, mais de toute façon la médiathèque ne possède pas ce livre, alors ça sera pour une prochaine fois!)

Ce roman narre les aventures du jeune Daniel, dont le père, libraire, l’emmène un jour dans un lieu secret appelé Cimetière des Livres Oubliés, et lui propose de choisir un ouvrage dans la gigantesque bibliothèque qui se dévoile sous ses yeux. Daniel se retrouve ainsi en possession de L’Ombre du Vent, le dernier roman de Julian Carax, un mystérieux auteur qui n’a jamais connu le succès malgré la grande qualité de ses écrits. Plus étrange encore, un homme au visage brûlé s'acharne à détruire par le feu tous les exemplaires des ouvrages de Julian Carax. Daniel va alors chercher à percer les ombres qui planent sur le passé de l'écrivain, sans se douter qu'il va réveiller d'anciennes rancœurs et se retrouver au coeur d'une dangereuse chasse à l'homme...

Alors c'est très simple, j'ai ADORÉ ce livre et je crois que je suis définitivement conquise par la plume de Carlos Ruiz Zafon! J'y ai retrouvé l'ambiance mystérieuse et poétique de Marina, même si l'histoire est un brin moins fantastique cette fois-ci. De plus, comme je me suis déjà rendue plusieurs fois à Barcelone ces dernières années, j'ai eu l'impression de voyager en terrain connu avec ce livre, tout en découvrant une nouvelle facette de la ville, celle-ci semblant presque être une entité vivante, peuplée de légendes, de fantômes et d'ombres du passé, et réagissant aux émotions des protagonistes. J'ai apprécié les différents personnages, chacun avec leurs blessures qui ont façonné leur existence, le suspense maintenu du récit, les touches de fantastique très bien dosées, mais aussi l'aspect "roman d'initiation" puisqu'on suit Daniel (ainsi que Julian Carax, qui est à la fois miroir et catalyseur des émotions du héros) à travers son adolescence et la découverte de ses sentiments, le tout narré avec beaucoup de beauté et de sensibilité. Et comme pour Le voile de Téhéran, j'ai découvert une partie de l'histoire que je connais très peu, à savoir la guerre civile Espagnole, ce qui m'a donné encore une fois envie de me plonger dans un livre d'histoire. En bref, un vrai coup de coeur, et je suis ravie de savoir qu'il existe deux autres livres mettant en scène Daniel et le Cimetière des Livres Oubliés (voire même trois autres, en réalité, mais le dernier n'a malheureusement pas été traduit, ou du moins pas encore) que je vais m'empresser de dévorer!



Juin :L’été sauvage d’Elin Hilderbrand
Et on termine ce bilan avec le livre du mois dernier, encore une fois totalement différent de ce que j'ai l'habitude de lire, mais qui s'est avéré très divertissant pour ce début d'été (légèrement interrompu par une parenthèse automnale, je vous l'accorde...).

Birdie Cousins, cinquantenaire fraîchement divorcée, se consacre corps et âme aux préparations du mariage de sa fille Chess, quand celle-ci l'appelle en pleine nuit pour lui annoncer qu'elle a rompu ses fiançailles, sans aucune explication supplémentaire. Pour aider Chess à surmonter cette épreuve, Birdie l'emmène un mois dans leur maison de vacances sur l'île de Tuckernuck, en compagnie de son autre fille Tate et de sa soeur India. Là bas, les quatre femmes devront faire face à leurs sentiments et a leurs doutes, et l'été s'avérera plus mouvementé que prévu...

À ma grande surprise, j'ai trouvé cette lecture très agréable, alors que je n'aime habituellement pas ce genre d'histoires parfois trop culcul à mon goût. Certes, c'est un roman qui parle d'amour, mais ce que j'ai apprécié, c'est qu'il montre plusieurs incarnations de ce sentiment, à différents âgés de la vie, de façon réaliste et pas (trop) mièvre. Et au delà de l'amour, ce livre traite également de relations familiales, de deuil, de dépression, de jalousie, de mauvaises décisions et de seconde chance, bref, de tout un panel de sentiments et d'événements qui surviennent dans une vie. Chaque chapitre présente alternativement le point de vue d'une des quatre femmes, et j'ai trouvé très intéressant de se plonger tour à tour dans les pensées des unes et des autres, de voir comment elles se percevraient, aussi bien elles-mêmes qu'entre elles, parfois avec justesse, parfois non, montrant qu'on ne peut jamais réellement connaître quelqu'un, fût-il de la même famille. Le personnage de Tate est probablement celui qui m'a inspiré le plus de tendresse, même si je l'ai trouvée légèrement maladroite et caricaturale, car, sous certains aspects, je pense m'être un peu identifiée à cette trentenaire peu sûre d'elle qui se voit avec la maturité émotionnelle d'une adolescente. Seule la fin m'a un peu moins plu, avec l'apparition d'un protagoniste très caricatural, et un happy end beaucoup trop dégoulinant de guimauve à mon goût. Au final, c'est une lecture que j'ai vraiment appréciée et qui m'a réellement changé de mes habitudes, mais il est peu probable que je lise spontanément d'autres œuvres de cette auteure car je ne raffole pas de ce genre de récits et je pense avoir fait le tour de la question avec celui-ci.

En conclusion, j'ai passé une très bonne année avec le Club Lecture MS, car j'ai globalement apprécié tous les livres qui nous ont été proposés, ou en tout cas je n'en ai réellement détesté aucun, même si j'ai peiné un peu sur certains. Mon objectif en participant au club était de sortir de ma zone de confort, et on peut dire que j'ai été servie puisque seulement deux des titres parmi tous ceux que j'ai lus (plus un troisième que j'ai choisi dans la liste d'Octobre) appartenaient à un genre que j'ai l'habitude de lire. La grande majorité des auteurs présentés m'étaient inconnus, et s'il y en a que je ne relirai probablement pas (Erin Hilderbrand ou Herbjog Wassmo), il est certain que les oeuvres de Carlos Ruiz Zafon feront partie de mes futures piles à lire tant j'ai adoré sa plume! J'ai aussi connu un grand moment d'émotion avec Le Voile de Téhéran, et je pense que je vais me pencher sur le reste de la sélection un de Novembre car tous les ouvrages en lice avaient l'air passionnants!

Voilà donc pour mon bilan de lectures avec le club! Si t'as tenu jusqu'ici, sache que tu mérites d'avoir un super karma pour tes trois prochaines réincarnations à venir ^^ et si jamais t'es encore motivé, reviens dans quelques jours parce que je vais faire un post sur ma pile à lire de l'été (mais promis, ça sera beaucoup moins long!) 

En attendant, n'hésitez pas à me partager vos coups de coeur littéraires de l'année en commentaires, je suis toute ouïe (j'ai plutôt intérêt après le pavé que j'ai pondu haha!). Belle soirée à tous!

mardi 4 juillet 2017

Mes favoris du mois - juin 2017


Juillet. Non mais JUILLET quoi !!! Je crois que j’ai été prise dans une faille spatiotemporelle, un défaut du continuum de l’espace temps qui fait que les jours s’écoulent plus vite que la normale. Et les nuits, aussi, vu mon état de fatigue en ce moment. (Bon, là, je pense aussi que la canicule qu’on a traversée, et les nuits de quelques heures à peine à cause de la chaleur n’y sont pas pour rien non plus…) Bref, je n’ai pas vu passer le mois de juin, et ma liste de favoris sera donc bien plus réduite que celle du mois dernier. Mais voyons les choses du bon côté, dans moins de 2 semaines, Games of Throne est de retour sur nos écrans !

Cuisine :


01. Watermelon poke bowls (poke bols à la pastèque) | Love and Lemons : Le succès des bols ne se dément pas ! Après les buddha bols ou bols d’abondance, la tendance 2017 est au poke bol, une version Hawaïenne du chirashi japonais, à savoir un bol de riz recouvert d’une garniture de poisson cru, souvent du thon, mariné façon cerviche, et de crudités. Bon, vous vous en doutez, chez moi, hors de question de manger du thon cru ! De toute façon, je n’aime pas vraiment ça… C’est pour cette raison que j’avais jusqu’à présent évité la tendance du poke bol, mais avec le retour de l’été et des pastèques, que chéri achète par tranches de 2,5 kg, je me suis laissé tentée par cette version végétalienne. Eh bien vous pouvez désormais me compter dans les poke bol addicts, tant j’ai aimé cette recette légère et ultra fraîche, parfaite pour les grandes chaleurs d’été !

02. Spinach potato breakfast enchiladas with avocado cream sauce (Enchiladas à l’épinard et aux pommes de terre avec sauce crémeuse à l’avocat) | Naturally Ella : Bon, j’avoue, j’ai remangé des œufs. Les grands parents de chéri nous en ont donné 12 lors de nos dernières vacances dans le Sud-Ouest, et même si je connais l’envers du décor sur les poules pondeuses, j’ai encore du mal à résister aux oeufs frais des « poules de jardin »… Du coup, j’ai craqué cette fois-ci (j’espère être plus forte la prochaine fois !) et j’en ai profité pour réaliser cette recette d’enchiladas qui me faisait de l’œil. On a doublé les quantités de garniture (la recette originale est prévue pour un petit déjeuner, mais nous on avait la méga dalle le soir où on l’a préparée ^^),  utilisé des feuilles de blette à la place des épinards, et zappé le fromage (car ça en revanche, il est hors de question que j’en remange !). Au final, je me suis rendue compte que les oeufs n’apportaient pas grand-chose au plat, donc la prochaine fois je n’en mettrai pas !

03. Beet gazpacho (Gazpacho de betteraves) | Feasting at home : Autant j’adore la soupe chaude, autant la soupe froide, ça n’a jamais vraiment été mon truc. Enfin, jusqu’à ce mois-ci, où les chaleurs de dingue m’ont donné des envies de gazpacho. Mais pas le classqiue gazpacho andalou, dont la texture épaisse me rebute (il y a du pain mixé dedans… beurk !). En revanche, cette version à la betterave me tentait beaucoup plus (alors qu’au contraire, la soupe de betterave chaude ne me fait pas du tout envie, car c’est un légume que je préfère manger froid !). Super facile et rapide à faire (pour peu qu’on ait déjà des betteraves cuites sous la main), légère, fraîche, et avec sa belle couleur vive, cette soupe froide s’est avérée être une entrée parfaite durant la canicule!

04. Super savoury veggie, hemp & millet nuggets (Nuggets aux légumes, chanvre et millet super savoureux) | The First Mess : J’avoue, j’ai complètement craqué devant les photos de ces petits nuggets, malgré le fait que le millet et moi, on est pas super potes… J’ai réussi à dépasser mon appréhension pour cette céréale que je trouve hyper fade, et j’ai bien fait car cette recette est vraiment délicieuse ! J’ai fait pas mal de changements par rapport à la recette originale, mais ils n’ont en rien impacté sa réussite : j’ai remplacé le chanvre par des flocons d’avoine et le psyllium par des graines de lin (je doute d’ailleurs de leur nécessité car la pâte était déjà très collante sans), le brocoli (pas en saison) par de la courgette, et j’ai opté pour une cuisson à la poêle dans un peu d’huile (car je n’avais pas envie d’allumer le four alors qu’il faisait déjà 29°C dans mon appart…). Ces nuggets ne se veulent absolument pas une imitation de leurs cousins à la viande, ce qui ne les empêche pas d’être, comme le titre le dit si bien, super savoureux. J’ai même regretté de ne pas avoir multiplié les quantités par deux, car on avait prévu d’en remanger le lendemain, et 11 nuggets pour 4 repas, à deux, c’est quand même un peu juste, même s’ils sont assez rassasiants…

Musique :


Pour la seconde année consécutive, je suis allée au Hellfest, l'un des plus grands rendez-vous pour le amateurs de hard-rock, punk, métal, et autres musiques extrêmes. Je dois avouer que cette édition était particulièrement éprouvante en raison de la chaleur extrême qui régnait sur le site, et j'ai finalement passé assez peu de temps devant les scènes principales, préférant me retrancher à l'ombre des chapiteaux, notamment celui de la scène Valley, qui propose une programmation plus orientée vers le rock indé. J'y ai fait de belles découvertes, en particulier dans la catégorie "stoner", un genre de métal peu violent et assez planant. Je retiens en particulier deux groupes : Mars Red Sky et Crippled Black Phoenix. Les premiers, originaires de Bordeaux, ont un son hypnotique, très proche du rock psychédélique des 70's, avec une basse très lourde, tandis que les seconds proposent des arrangement plus légers et plus clairs, avec des mélodies qui me rappellent MCC par moments (mais siiii, vous savez, le groupe dont je vous ai parlé le mois dernier!). Autre gros coup de coeur, le groupe instrumental Animals as Leaders, eux aussi avec un son très planant, preuve que le métal, ce n'est pas que de la musique de brutes ;)

J'ai aussi beaucoup apprécié Electric Wizard (stoner), The Vintage Caravan (stoner/hard rock), Hawkwind (hard rock/space rock), The  New Roses (hard rock), The Devil Wears Prada (metalcore), Opeth (death metal), In Flames (heavy metal), Soilwork (metalcore), Ghost Bath (back metal) et surtout Five Fingers Death Punch (heavy metal), qui nous ont offert l'un des meilleurs concerts de la Mainstage malgré l'absence de leur chanteur, remplacé pour l'occasion par le chanteur "de secours" du groupe, ainsi que Steel Panther (glam metal), connus pour leurs shows délirants à base de blagues salaces et de filles topless, mais qui sont aussi d'excellents musiciens. 

Et pour terminer, parce que je n'ai pas eu que des coups de coeur non plus, voici mon top 3 des concerts les plus bruyants du festival : Nails, Regarde les hommes tomber et Behemoth, ainsi qu'une mention très honorable pour Autopsy. Oreilles sensibles s'abstenir ;)

Youtube :
Autant le mois dernier, je vous parlais de chaînes scientifiques et philosophiques, autant cette fois-ci, je vais verser dans un contenu beaucoup moins culturel, mais plutôt culturiste, si je puis dire... Déjà aux commandes de 46000% sport, une excellente parodie d'émissions sportives, la chaîne La Biscotte nous propose une nouvelle mini-série hilarante : Tout Pour Le Muscle. Du générique aux dialogues, en passant par les rires pré-enregistrés, cette série est une caricature absolument parfaite des téléfilms de l'été! TPLM, c'est l'histoire de trois amis qui s'entraînent dans une même salle de sport avec un objectif commun : être choisis lors du casting pour le biopic d'Olivier Minne. Entraide, amitié, amour, mais aussi jalousie et trahison (et surtout, fous rires, en ce qui me concerne!) seront au rendez-vous... Franck, Thierry et Daniel parviendront-ils à vaincre les épreuves qui se dresseront devant eux pour atteindre leur rêve?

Voilà pour mes favoris de juin!
Et vous, qu'avez-vous aimé en ce premier mois de l'été?

mardi 27 juin 2017

Bricks aux courgettes, pignons et citron confit (ou au basilic)

En cuisine, comme en musique, je traverse parfois des phases obsessionnelles, que ce soir autour d'un ingrédient ou d'un type de plat. Voire même les deux, comme c'est le cas en ce moment, avec les samoussas, bricks et autres petits chaussons d'une part, et le citron confit d'autre part. Préparez-vous donc à une petite série de recettes autour de l'un de ces thèmes, ou des deux à la fois, comme c'est le cas aujourd'hui avec ces petits bricks à la courgette et au citron confit. Et pour ceux qui n'aimeraient pas ce dernier, vous pouvez le remplacer par du basilic, substitution plus qu'approuvée par chéri, pas super fan de citron confit (le pauvre, il n'a pourtant pas fini d'en manger, j'en ai tout un pot au frigo :p). Et puis si vous n'aimez pas le basilic non plus (oui maman, c'est à toi que je parle!), essayez la menthe, le thym, l'origan, ... Ou attendez mes prochaines recettes ;)


Bricks aux courgettes, pignons et citron confit {végétalien, sans soja, sans noix}
Pour 16 bricks :
- 2 courgettes (environ 500 g)
- 1 gousse d'ail
- 1 cc de graines de cumin (à omettre pour la version au basilic)
- 1 cs d'écorce de citron confit au sel finement hachée (ou de feuilles de basilic frais ciselées)
- 2 cs de pignons de pin
- 8 feuilles de brick
- eau et farine (ou fécule)
- huile d'olive
- sel et poivre

Lavez les courgettes et pelez-les si elles ne sont pas bio.

Avec une râpe à gros trous, râpez les courgettes. Emincez finement l'ail et l'écorce de citron confit.

Faites chauffer 1 cs d'huile d'olive dans une sauteuse sur feu moyen-vif. Ajoutez l'ail et les graines de cumin et faites revenir 30 secondes en remuant constamment pour ne pas brûler les aromates.

Ajoutez les courgettes râpées, les pignons et le citron confit, mélangez bien et laissez cuire une dizaine de minutes à feu moyen, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que les courgettes aient diminué de moitié environ. Salez et poivrez au goût (attention, le citron confit est déjà très salé lui-même!). Laissez refroidir avant de former les bricks.

Pour la version au basilic : procédez de la même manière en omettant simplement le cumin, et en rajoutant le basilic ciselé à la place du citron confit.

Mélangez 2 ou 3 cs de farine ou de fécule avec 1 cs d'eau pour former une pâte épaisse et collante.

Coupez chaque feuille de brick en deux. Posez une demi-feuille devant vous, partie arrondie vers le haut. Pliez le coin inférieur gauche de la feuille vers le haut pour former un petit triangle. Déposez une généreuse cuillère à soupe de farce à côté du triangle que vous venez de former, puis rabattez la partie arrondie de la feuille vers le bas, aux deux tiers environ, de façon à "refermer" le haut du brick. Rabattez le triangle précédemment formé sur la farce, et continuez à plier en triangle en "enroulant" la farce dans la feuille de brick. Lorsque vous arrivez au bout de la feuille, enduisez-le d'un peu de colle à la farine et terminez le pliage en soudant bien le bout du brick.

Répétez l'opération pour toutes les feuilles de brick.

Pour la cuisson, vous pouvez badigeonnez chaque brick d'un peu d'huile sur chaque face et les enfourner à 180°C pendant 20 minutes, en les retournant à mi-cuisson, ou bien les faire dorer dans une poêle huilée.

Servez chaud, en entrée ou accompagné d'une salade pour un repas léger, avec une sauce de trempage si vous le souhaitez (une sauce tomate -agrémentée de harissa si vous aimez- ou une sauce au tahin se marieront particulièrement bien avec ces bricks).



jeudi 22 juin 2017

Sélection glacée pour canicule prononcée

Les blogueuses, c'est un peu comme des petites mamies : elles parlent tout le temps de la météo.
(Comment ça, y'a que moi qui fait ça en fait?!)

Que voulez-vous chacun ses névroses...

(Et elles sont particulièrement nombreuses chez moi, je vous l'accorde...)

Bref. Vous le voyez venir gros comme un éléphant en tutu (non mais je vous jure que j'ai pas bu hein!) (au fait, c'est végane, de mettre un tutu à un éléphant?) je vais vous parler météo. Mais c'est pour la bonne cause, vous allez voir!

Le mois de mai nous a un peu fait le coup de l'ascenseur barométrique. Après deux premières semaines ULTRA POURRIES plus proches du mois de novembre à Édimbourg qu'autre chose, on s'est retrouvés d'un coup en mode "fournaise" sans passer par la case départ. Enfin la case printemps quoi. Et maintenant qu'on est officiellement en été, la météo s'est carrément sentie autorisée à basculer en position "canicule-pic-de-pollution-pensez-bien-à-vous-hydrater-et-surveillez-vos-mamies-et-vos-papis".

Ajoutez à ça le fait que ma chaudière a décidé de péter une durite et de continuer à balancer de l'eau méga chaude dans nos radiateurs alors qu'on a désactivé le mode chauffage (et quand je dis méga chaude, c'est MEGA CHAUDE. Même au plus fort de l'hiver nos radiateurs sont pas à cette température. Genre elle s'est dit "hey il fait que 27° dans l'appart, et si on montait à 42? Tropical partyyyyy!") et vous obtiendrez un bon relevé de ma situation actuelle. À savoir que j'ai l'impression de vivre dans un volcan (le pire étant quand je vais à la salle de sport, où je perds approximativement 7 kg en transpiration à chaque séance...). Un peu comme tout le monde en ce moment en fait...

Donc pour tenter de survivre à tout ça, je fais des litres de thé glacé, et j'ai ressorti ma sorbetière (qui a du servir à peu près deux fois depuis que je l'ai eue, faute de place pour le bac refroidissant dans mon congélo jusqu'à présent). Et du coup (enfiiiiin elle en arrive au sujet de l'article !!!) je vous ai préparé une petite sélection de douceurs glacées à vous mettre sous la dent! (Tout ça pour ça ?...) Et comme je sais que tout le monde n'a pas la chance d'avoir une sorbetière à la maison, j'ai aussi sélectionné des recettes qui n'en nécessitent pas!


Peanut butter chocolate cookie dough ice cream (Glace aux cookies au beurre de cacahuète et pépites de chocolat) | Minimalist Baker : On commence fort avec cette crème glacée au nom ultra décadent, une nouvelle preuve que végétalisme rime bien plus avec gourmandise qu'avec privation. Le mélange de lait de coco et de noix de cajou créent une base très onctueuse (mais aussi très riche, évitez de vous servir de très grosses portions!), que viennent agrémenter des pépites de pâte à cookie  au beurre de cacahuète et chocolat. Une vraie tuerie, qui aurait d'ailleurs dû figurer dans mes favoris du mois de mai, mais que j'ai réservée pour cet article ;)

Raw + vegan chunky monkey ice cream (Glace "Chunky Mokey" crue et végane) | My New Roots : Je suis dingue du parfum "Chunky Monkey" de Ben&Jerry's, à savoir une glace à la banane émaillée de noix et de pépites de chocolat (un mélange d'enfer que je recrée d'ailleurs dans mon banana bread!), alors cette version végane me fait bien évidemment saliver! Là encore, les noix de cajou servent de base, mélangées cette fois à des bananes congelées. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, pas besoin de sorbetière pour cette recette! Notez aussi l'astuce pour avoir des glaces moins dures : il suffit d'ajouter d'un filet de vodka dans la préparation pour garder la glace plus tendre!

Rhubarb sorbet with pistachio brittle (sorbet à la rhubarbe et croustillant à la pistache) | Jamie Oliver : Pendant longtemps, je ne jurais que par la crème glacée, mais ces dernières années, je me surprends à aimer de plus en plus les sorbets. Ca tombe plutôt bien, car ils sont beaucoup plus simples à préparer : des fruits, un peu de sucre, et hop, c'est plié! Cet été, mes envies gravitent autour de la framboise (envie déjà assouvie grâce au kilo et demi de framboises ramassées dans le jardin de ma mamie!), de l'abricot, et surtout de la rhubarbe! J'espère en trouver encore un peu sur les marchés pour pouvoir mettre cette recette en application!

Glace au yaourt et cerises rôties : Je vous ressors ma seule recette de glace sur ce blog, postée deux ans auparavant. La glace au yaourt est également une de mes préférées, et avec la saison des cerises qui est désormais entamée, j'ai bien envie de m'en refaire une dose, pour des desserts frais et acidulés!


Saffron and roasted edelflower apricots semifreddo (Semifreddo au safran et abricots rôtis aux fleurs de sureau) | Hortus Cuisine : Cette année, je nourris une véritable obsession pour les abricots. Pourtant je n'en ai pas encore mangé un seul, mais quand ils débarqueront sur les étals, je me jetterai dessus! Dans cette recette, ils sont rôtis avec du sirop de fleur de sureau (ma maman en a justement fait cette année, à la base ça devait être de la gelée, mais au début elle n'a pas bien pris alors j'ai récupéré deux pots sous forme de sirop pour pouvoir tester ce dessert!) puis mixés avec du safran, une combinaison audacieuse que je suis curieuse de tester, d'autant plus que je n'ai jamais mangé de semifreddo jusqu'à présent! Pour une version végétalienne, l'auteur conseille d'utiliser une crème à base de noix de cajou, mais je pense qu'en remplaçant le yaourt par du yaourt de soja, et les blancs d'oeufs par de l'aquafaba, ça fonctionne aussi!

Glaces au lassi vegan à la mangue | 100% Végétal : Si vous cherchez les bâtonnets glacés les plus simples du monde, les voilà! Il vous suffit de mixer du yaourt, du lait végétal et des fruits (ici de la mangue, mais ça marchera tout aussi bien avec des fruits rouges, de la banane, des abricots -oui, encore eux!- ou des pêches, ...) et de laisser le tout prendre au frais dans des moules. Un maximum de fraîcheur avec un minimum d'efforts ;)

Piña colada popsicles (bâtonnets glacés saveur piña colada) | A Beautiful Mess : Mieux qu'un cocktail qui sent bon l'été, un cocktail qui sent bon l'été sous forme de bâtonnets glacés! Là encore, rien de plus simple : on mixe tous les ingrédients d'une piña colada (lait et crème de coco, ananas, et rhum), on y ajoute des dés d'ananas, des copeaux de coco et du zeste de citron vert et hop, dans des moules au freezer. Vivement l'heure de l'apéro!

Watermelon, lime and hibiscus ice pops (bâtonnets glacés à la pastèque, hibiscus et citron vert) | Hello Glow : J'ai mis du temps à apprécier la pastèque (je lui préférais -et préfère toujours!- le melon) mais depuis quelques étés, ça va beaucoup mieux. Et heureusement, car chéri adore ça et a tendance à en acheter des morceaux énormes, qu'il faut bien réussir à liquider avant qu'ils ne se gâtent... Et en passer dans des glaces me paraît être une très bonne idée! Ici, elle est associée à l'hibiscus et au citron vert, à la saveur délicieusement acidulée, pour un résultat ultra frais et léger!

***

Etes-vous aussi fan de glaces? Quelles sont vos recettes préférées?
Passez une bonne journée et restez au frais!

lundi 12 juin 2017

Mes favoris du mois - mai 2017

Devinez quoi? Malgré ce que je disais dans mon post précédent, je n'ai absolument pas bossé pour le blog durant mon weekend prolongé ^^' Ni même la semaine dernière en fait! Bon, même si juin est désormais bien entamé, j'ai quand même envie de revenir sur mes favoris du mois de Mai. Je suis encore indécise sur le format à donner à cette rubrique, mais comme j'ai découvert pas mal de trucs chouettes dernièrement, je vais la conserver pour cette fois! Comme d'habitude, on commence par la bouffe, et puis je vous parlerai musique, série et chaînes YouTube!

Cuisine
J'ignore si c'est grâce au Défi Végane 21 jours ou l'arrivée du printemps et des primeurs sur les étals, mais le mois dernier j'ai testé plus de recettes d'habitude, aussi bien en provenance de mes (nombreux) blogs favoris que de ma collection de livres de cuisine (j'ai notamment essayé une omelette végétale dans Vegan de Marie Laforêt et c'était délicieux, chéri a même dit que c'était meilleur qu'une omelette aux oeufs!). A vrai dire, j'ai même eu du mal à choisir mes coups de coeur!


01. Panna cotta au lait de coco, rhubarbe et rose | Aime et Mange : Bon, pour celle là, j'ai pas hésité longtemps, j'ai vraiment ADORE cette recette! Je suis une grande amatrice de panna cotta, mais les rares versions végétales que j'avais testées jusqu'à présent ne m'avaient pas vraiment convaincue. Mais celle-ci, c'est un vrai délice. Alors certes, le goût de coco est vraiment présent, il ne faut pas s'attendre à quelque chose d'aussi neutre que la panna cotta classique, mais ce n'est pas un problème car la noix de coco se marie merveilleusement bien avec la rhubarbe! J'ai juste remplacé l'eau de rose (que je n'avais pas) par de la vanille et ça marche très bien aussi!

02. Tarte fraise-citron-rhubarbe | 100% Végétal : Encore de la rhubarbe? Eh bien oui, que voulez-vous, j'adore ça! J'ai découvert ce fruit (ou légume?) sur le tard alors je rattrape le temps perdu héhé. Par conséquent, j'avoue que quand j'en vois au marché, je perds un peu le sens de la mesure, et j'ai vite tendance à en ramener un chouïa trop à la maison. Là, les tiges étaient si énormes, que même en en prenant seulement 5, j'ai eu de quoi faire deux desserts avec. Cette recette de tarte, qui apparaît en page d'accueil du blog 100% Végétal, me faisait furieusement de l'oeil, avec son association fraise-rhubarbe qui a déjà fait ses preuves chez nous. La tarte aux fraises étant un de mes desserts préférés, je n'ai pas hésité longtemps avant de "sacrifier" une barquettes de fraises fraîchement cueillies à La Cueillette de l'Herbasse (cet endroit, c'est le paradis sur terre!) pour réaliser cette variation délicieusement acidulée! Petit bémol pour la pâte qui s'est avérée extrêmement dure après cuisson, mais peut-être que j'ai l'ai faite cuire un poil trop longtemps?

03. Roasted fingerling potatoes salad xith romesco + herby black quinoa (Salade de pommes de terre grenailles rôties à la sauce romesco et quinoa aux herbes) | Dolly and Oatmeal : Ce genre de plat, c'est tout à fait ma came : de petites pommes de terre nouvelles délicieusement rôties et napées d'une sauce légèrement acidulée et piquante au poivron grillé et noisettes, servies sur un lit de quinoa assaisonné de persil. Une assiette simple mais gourmande, rassasiante et riche en protéines, avec un mélange de textures et de saveurs bien équilibré. En bref, une recette qui a fait directement son entrée au panthéon de mes salades préférées!

04. Chinese scallion pancakes (pancakes chinois à l'oignon vert) | The Kitchn : Il y a des recettes qui n'ont l'air de rien mais qui me mettent l'eau à la bouche puissance mille. Allez savoir pourquoi, l'idée de crêpes légèrement feuilletées et farcies à l'oignon me faisait sérieusement baver devant mon écran (#ellevabien #obsédéedelabouffe). Alors quand on a récupéré plein de tiges d'oignon frais à la cueillette, j'ai sauté sur l'occasion de faire cette recette qui me tentait depuis si longtemps. Le résultat s'est montré à hauteur de mes espérances ; ces pancakes sont croustillants dehors, fondants dedans et délicatement parfumés, un vrai délice. Pour la sauce de trempage, j'ai fait un mélange de sauce soja, eau, huile et graines de sésame et tiges d'oignon finement ciselé, et les pancakes sont encore meilleurs avec!

Et parce que j'ai vraiment eu du mal à choisir, voici la liste des autres recettes que j'ai testées et qui reçoivent une mention très honorable : des boulettes à base d'okara de soja, parfaites avec des pâtes et une sauce tomate ; une salade de lentilles, pommes de terre et asperges rôties et ail des ours, un vrai concentré de printemps ; un veggie bowl aussi beau que bon avec des falafels aux petits pois cuits au four, idéal pour profiter de ce classique de la cuisine végétalienne sans les odeurs de friture ; et enfin des lasagnes à la poêle, pratique quand on a la flemme de faire le montage (en plus ça salit un plat de moins!), avec une ricotta végétale à base d'amandes fermentée avec des probiotiques, pour une saveur fromagée très réaliste!

Musique


Il y a quelques mois, je vous parlais de Ghost, un groupe qui m'avait totalement envoûtée au Hellfest l'été dernier. J'ai eu une chance énorme de les voir à ce moment là, car quelques temps plus tard, le guitariste rythmique quittait le groupe. En mars dernier, le musicien Martin Pesner, ancien membre de Subvision et Magna Carta Cartel (ou MCC pour les intimes), deux groupes à l'origine de Ghost, révélait son identité en tant qu'ancien guitariste rythmique de Ghost et annonçait la reformation de MCC. Si j'avais déjà écouté quelques morceaux de Subvision, je n'avais pas eu la curiosité de me penser sur MCC, mais j'ai plus que compensé cette lacune puisque j'ai développé une véritable obsession pour ce groupe le mois dernier (et je n'en suis toujours pas sortie!). J'écoute en boucle aussi bien leurs anciennes chansons que le nouvel EP, sorti tout récemment, et je suis totalement accro à leurs mélodies et leurs paroles mélancoliques, douces et planants. Sur certaines chansons, on ressent bien l'influence qu'a eu MCC sur Ghost, quoi qu'en dise le chanteur de Ghost, qui aurait prétendu être la seule tête pensante du projet après avoir viré tous ses anciens musiciens... En tout cas, si vous aimez le rock indé un peu planant, je vous conseille d'aller jeter un oeil (ou plutôt une oreille ;) à MCC!

Série



Ca faisait longtemps que je n'avais pas parlé de séries ici! Il faut dire que depuis cet hiver, je n'ai pas vraiment cherché à en découvrir de nouvelles, me contentant de continuer celles que j'avais déjà en cours (à savoir The Blacklist et Better Call Saul). Et puis, le mois dernier, je me suis laissée tenter par une nouvelle qui faisait le buzz : 13 Reasons Why. Bon, on va pas se mentir, c'est pas une série facile. Elle traite du suicide d'une lycéenne qui, avant sa mort, a fait une série de cassettes expliquant les raisons de son geste. Au cours de cette première saison, on suit un de ses camarades qui découvre progressivement le contenu de ces cassettes et qui tente de rendre justice à son amie décédée. Les situations exposées dans les cassettes sont de plus en plus dramatiques, et le suspense autour du rôle de chaque protagoniste (et du héros, qui est lui aussi sur une de ces cassettes) augmente au fil des épisodes, rendant la série très addictive malgré les scènes difficiles à supporter. Une seconde saison est en cours de production et j'ai hâte de retrouver le lycée Liberty, et de savoir comment les différents acteurs de la mort d'Hannah tireront leur épingle du jeu (ou pas...).

YouTube
Il y a quelques années, si on m'avait demandé à quoi je pensais quand on me disait "YouTube", j'aurais probablement répondu "Norman, Cyprien, tutos beauté et vidéos de chats". Mais aujourd'hui, ma réponse serait totalement différente. A vrai dire, je ne saurais même pas comment résumer en quelques mots le YouTube de 2017, tant les contenus se sont diversifiés et étoffes ces derniers temps. On trouve maintenant de tout, pour tous les goût, et avec une qualité qui n'a souvent rien à envier à la télévision. D'ailleurs, chez nous, il est plus fréquent que l'on passe quelques heures à voguer de vidéo en vidéo plutôt que de regarder la télé, qui offre des programmes de moins en moins intéressants à mon goût. Mon créneau préféré pour les chaines YouTube, ce sont les chaînes éducatives, et j'en ai découvert deux très à mon goût le mois dernier.

La première est celle de Max Bird, et c'est vraiment mon coup de coeur du moment. Avec beaucoup d'humour, mais aussi de précision scientifique ou historique, ce Youtubeur démonte dans chacune de ses vidéos une idée reçue telle que "Coca Cola a créé le Père Noël" ou bien "Les dinosaures ont disparu". Un format court, ludique mais enrichissant, parfait pour apprendre plein d'anecdotes pour briller en société !

La seconde, celle de Monsieur Phi, est d'un genre très différent puisqu'il s'agit d'une chaîne qui traite principalement de philosophie. Alors je sais, dit comme ça, ça fait pas vraiment rêver, moi la première je n'aurais jamais cru regarder ce genre de vidéos car au lycée, la philo me passait à des kilomètres au dessus de la tête. Mais maintenant, près de 10 ans plus tard (argh!), je me rends compte que je me pose beaucoup plus de questions qu'à l'époque (le fait de m'intéresser au véganisme n'y est pas pour rien je suppose) et je redécouvre avec beaucoup plus d'intérêt les grands courants de pensée et les concepts philosophiques. Donc si vous aussi, vous vous découvrez un goût tout nouveau pour la philo, allez faire un petit tour chez Monsieur Phi! Je vous conseille tout particulièrement ses vidéos "Matérialisme et Terminator" (le titre qui envoie du rêve haha!) et "Sommes-nous tous des simulations ?" qui parlent d'intelligence artificielle et de conscience, et qui m'ont totalement passionnée, en bonne fana de science fiction.

Et voilà pour ma longue liste de favoris du mois de mai! Et vous, qu'avez vous aimé ou découvert récemment ?

jeudi 1 juin 2017

Deux astuces pour utiliser l'okara : parmesan végétale et substitut d'oeuf

Je sais que je dis ça à chaque fois que je reviens après une absence prolongée sur ce blog, mais là, j’avais VRAIMENT pas prévu de vous abandonner comme ça aux deux tiers du défi végane 21 jours. A vrai dire, j’avais une recette pour la troisième semaine, en laquelle je plaçais beaucoup d’espoir. Visuellement, j’étais contente du résultat. Malheureusement, à la dégustation, ce fut la catastrophe. Le résultat était trèèèèès loin de ce que j’espérais, voire même, n’ayons pas peur des mots, franchement mauvais… Le problème c’est que j’ai maintenant toute une quantité de ce truc dans mon congélo (bah ouais, j’aime pas jeter de la nourriture) et qu’il va bien falloir que je trouve un moyen de le finir… Heureusement, j’ai réussi à en planquer un petit peu dans un plat récemment, donc j’espère bien arriver à en venir à bout, même si ça doit me prendre trois mois! J'ai déjà réfléchi à une nouvelle version, qui pourrait s’avérer beaucoup plus concluante que mon premier essai, ce que j'espère fortement car je n'ai pas vraiment envie de me retrouver avec une double ration de truc pas bon dans mon congel... Mais pas question que je lâche l’affaire car c’est une recette qui me tient réellement à cœur, donc je compte bien arriver à mes fins ! Ah, vous vous demandez peut-être de quoi il s’agit ? (comment ça, « non » ??!!) Eh bien pour l’instant, je vais garder le secret ;) Bon, vous attendez pas non plus à un truc ouffissime qu’on pourrait croire sorti de chez Pierre Hermé, c’est pas vraiment le genre de la maison hein. Je vous dirai juste que c’est une recette salée qui s’inscrit dans ma rubrique Version Tradi, Version Veggie, et qui devrait me rouvrir certaines possibilités en cuisine, que j’avais dû fermer en renonçant aux produits laitiers.

Après l’échec de cette mystérieuse recette (et à laquelle je n’avais évidemment pas prévu de plan B), j’ai voulu me rattraper la semaine dernière en vous proposant du sucré cette fois-ci, à savoir des financiers véganes. Mais encore une fois, j’ai raté mon coup… J’avais devant moi quelque chose de très bon, mais d’absolument pas présentable puisque j’avais fait ma feignasse et omis de huiler mes moules… Impossible donc d’en sortir mes petites douceurs sans les détruire totalement, et je ne pouvais décemment pas vous photographier un tas de miettes et vous dire « c’est moche mais c’est bon ! ». Là aussi je compte bien retenter le coup, mais sans sauter d’étapes ! J’attends juste que les températures redescendent un peu pour rallumer le four ;)

Bref, vous l’avez compris, ces deux dernières semaines n’ont pas vraiment été placées sous le signe du succès, c’est le risque du développement culinaire. J’avais bien quelques autres idées à tester, mais j’avoue qu’après deux échecs coup sur coup, je n’avais pas vraiment envie de me risquer à aller vers un troisième, comme le dit si bien le proverbe… Donc pour conjurer le sort, je vous propose aujourd’hui deux « recettes » hyper faciles, ou plutôt devrais-je dire deux astuces (le qualificatif de recette est vraiment exagéré au vu de la simplicité du truc) pour utiliser de l’okara d’amande et d’avoine. Pour ceux du fond qui n'auraient pas suivi, j’ai décidé de fabriquer mes laits végétaux pour réduire encore un peu le volume de mes déchets. Je ferai un article plus détaillé à ce sujet car j’ai pas mal de choses à dire là-dessus, mais en attendant sachez que celui que je fais le plus souvent est le lait d’avoine, suivi par le lait d’amande, mais bien moins fréquemment. Je me retrouve donc régulièrement avec de l'okara sur les bras, cette pulpe solide qui reste après que l’on ait égoutté le lait. Et comme je l’ai dit plus haut, j’aime pas jeter, surtout quand on sait que l’okara présente de nombreux bénéfices sur le plan de la santé mais aussi en cuisine. Je vous avais déjà aiguillé vers des articles recensant quelques idées pour l’utiliser (ici, ici, , et encore ), et j’ajoute aujourd’hui ma pierre à l’édifice.

On commence par l’okara d’amande. Il m’était déjà arrivé d’en déshydrater pour le mélanger à de la poudre d’amandes (même si la texture et le goût restent assez différents, d’ailleurs si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi la poudre d’amandes n’a pas du tout la même saveur et le même aspect que des amandes moulues par mes soins, je prends !), mais cette fois-ci j’ai eu l’idée de l’utiliser de façon salée. Etant à court de parmesan végétal (ma recette habituelle est ici), j’ai tout simplement pensé que de mon okara d’amandes, une fois déshydraté, ferait une base parfaite pour une nouvelle fournée. Et en effet, ça marche à merveille, et l’avantage de cette recette est qu’elle rancit beaucoup moins vite qu’une à base de noix et de graines. Et la seconde bonne nouvelle c’est que vous pouvez faire pareil avec de l’okara de cajou, et peut-être même de noix également !


Parmesan végétal à l’okara {végétalien, sans soja}
Pour un petit pot :
- l’okara d’un demi-litre de lait d’amandes (préparé avec 50 g d’amandes sèches), ou de cajou, ou de noix
- 2 cs de levure maltée
- 1 cc d’ail semoule
- ½ cc de sel

(Optionnel : placez votre okara encore humide dans un bocal, fermez hermétiquement et laissez fermenter un ou deux jours à température ambiante ou 5 jours à une semaine dans le frigo)

Etalez l’okara sur une plaque de four en une couche fine et déshydratez à 50°C pendant 2h, ou jusqu’à ce que vous obteniez une poudre bien sèche, en remuant de temps en temps. Vous pouvez aussi utiliser un déshydrateur ou laisser sécher à l’air libre dans un endroit chaud et bien aéré.

Placez l’okara déshydraté avec les autres ingrédients dans le bol d’un mixer et mixez brièvement. Conservez dans un bocal hermétique à température ambiante. Utilisez comme du parmesan classique, sur des pâtes, des gratins, dans du risotto, sur des pizzas, des légumes grillés, …

Passons maintenant à l’okara d’avoine. Alors là ça va être encore plus rapide ! L’okara d’avoine est très collant et fait un très bon substitut d’œuf en pâtisserie. Si vous recherchez seulement un effet liant (par exemple pour des pancakes ou galettes de céréales), mélangez simplement 1 cs d’okara d’avoine avec 2 cs d’eau et utilisez à la place d’un oeuf. Pour un effet liant et gonflant (par exemple dans des cookies, ou dans les buns à burger en photo ci-dessous, bien que je me demande si l'oeuf est réellement nécessaire... Je vais faire quelques tests supplémentaires et je vous posterai peut-être le résultat de mes recherches!), mélangez 1 cs d’okara d’avoine avec 1 cs d’eau, 1 cs de vinaigre de cidre et ½ cc de bicarbonate de soude et utilisez à la place d’un oeuf. Si, comme moi, vous fabriquez régulièrement du lait d’avoine mais n’avez pas systématiquement besoin d’utiliser l’okara de suite, vous pouvez aisément le congeler dans des moules à glaçon, en le séparant en portions d’1 cs. Préférez des moules en silicones pour faciliter le démoulage. Une fois votre okara congelé, vous pouvez le sortir des moules et le mettre dans des sachets de congélation ou dans des boîtes sans risquer que les portions ne se collent entre elles. Pour l’utiliser, sortez-le un peu en avance et laissez décongeler à température ambiante (une demi-heure à une heure environ) avant de mixer avec l’eau ou les autres ingrédients.


Allez, comme d'habitude je vais clore cet article en promettant une plus grande régularité, d'autant plus que j'ai plusieurs articles sous le coude (dont mes articles sur Cuba qui attendent depuis deux mois maintenant...) donc il va bien falloir que je finalise tout ça! Ca tombe bien, je pars en weekend prolongé dans ma famille et on nous prévoit de la pluie, je n'ai donc aucune excuse!

mercredi 10 mai 2017

Poêlée de quinoa à la marocaine

Aujourd’hui marque la moitié Défi Végane 21 jours, et ces dix premières journées m’ont permis de réaliser à quel point cuisiner végétalien était devenu facile pour moi (si vous voulez voir mon menu de la semaine passée, allez faire un tour sur mon Instagram). Il faut dire que cela fait maintenant deux ans que j’ai amorcé un virage vers une cuisine toujours plus végétale, après cinq ans de flexitarisme de plus en plus pauvre en protéines animales. Comme je le disais dans mon dernier article, j’ai quasiment éliminé de ma cuisine les produits laitiers, à part dans les rares préparations industrielles que l’on consomme, mais je m’efforce de les traquer et d’opter pour des options végétaliennes à la place. En revanche, je mange encore des œufs, même si là aussi je m’en passe de plus en plus, surtout en pâtisserie. Je n’ai pas encore testé les omelettes ou les brouillades végétales mais je compte bien en faire d’ici la fin du défi. J’avoue avoir plus du mal à résister à un œuf au plat ou mollet avec son jaune bien coulant (mais la semaine dernière j’ai tout de même réalisé un bibimbap coréen sans œuf et c’était tout aussi délicieux !).
C’est lorsque je suis à l’extérieur que ça se complique… En province, les restaurants offrant des options végétaliennes hors salade composée et assiette de frites sont tout de même assez rares. Et quand je mange chez des amis, même si ceux-ci acceptent sans aucun problème que je ne mange pas de viande et me préparent souvent des options végétariennes (même si je dois régulièrement expliquer que non, le poisson, c’est pas végétarien. C’est AUSSI un animal mort hein), il reste tout de même difficile pour eux de cuisiner végétalien. C’est ainsi que j’ai fait un mini-écart le weekend dernier, en allant prendre l’apéro chez un pote. Pourtant plein de bonnes intentions, il avait acheté de quoi manger pour moi, mais malheureusement il avait choisi des olives aux anchois par inadvertance, le houmous contenait du fromage blanc (WTF ?) et les tortillas de maïs du lactose et des protéines de lait (eeuh, sérieusement les gars ?... Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer cette foutue manie qu’on les industriels de fourrer des dérivés de lait un peu partout ?...), quant au tzatziki, l’un des ingrédients principaux est évidemment le yaourt. Le pauvre était totalement dépité alors quand il m’a servi une verrine de gaspacho courgette-basilic maison, je n’ai pas osé lui dire que le pesto qu’il avait mis dedans n’était pas végane non plus (puis de toute façon quand il m’a donné les ingrédients j’avais déjà englouti la moitié du truc…).
Je comprends tout à fait que cuisiner végétalien puisse être déstabilisant au début, surtout quand on a grandi dans une tradition culinaire qui utilise beaucoup la viande et les produits laitiers comme c’est le cas en France. Les substituts existent, mais de manière générale il faut s’inculquer de nouvelles habitudes alimentaires et culinaires. Cependant, il serait faux de croire que la cuisine végétalienne est complexe et remplie de produits bizarres tels que tofu et fromage de cajou. C’est d’ailleurs une question qui est revenue plusieurs fois sur le groupe Facebook du défi : est-il possible de manger végane, local et de saison, avec des recettes simples et sans utiliser d’ingrédients hors du commun ? J’ai plusieurs fois répondu un franc « OUI », sans vraiment donner d’exemples (et tombant ainsi dans l’écueil du « dire pourquoi mais pas comment » mentionné dans cet excellent article d’Antigone XXI), alors aujourd’hui je me rattrape avec cette recette, née d’une improvisation un jour de flemme culinaire, et qui regroupe tous les critères demandés. Vous allez peut-être me dire : « Attends, t’es bien gentille, mais ton quinoa là, il vient pas du Pérou ? ». Eh bien non, on trouve maintenant du quinoa français en magasin bio, et en vrac qui plus est ! Ceci dit,  je dois avouer que je reste tout de même partagée entre un choix local (donc à empreinte carbone réduite) ou un choix éthique (car le quinoa andin fait vivre des communautés d’agriculteurs là bas, comme j’ai pu le voir durant mon voyage en Equateur). Si vous n’avez pas la chance de trouver du quinoa local (ou que vous n’aimez pas ça, c’est votre droit ;), vous pouvez le remplacer par du boulgour de blé ou d’épeautre, du millet, de l’orge mondé (« Ah non mais tu vois que tu nous sors des ingrédients bio-bizarres au final ! ». Bah écoutez, vous pouvez aussi le tenter avec des coquillettes hein ^^) ou pourquoi pas des lentilles, pensez juste à modifier la quantité d’eau en conséquence. Et c’est la grande force de ce plat : il est adaptable  selon ce que vous avez au frigo. Vous pouvez donc changer de céréale (que vous pouvez d’ailleurs ajouter déjà cuite aux légumes, si vous avez des restes. Dans ce cas supprimez évidemment le bouillon !), mais aussi remplacer ou ajouter des légumes selon la saison. Fèves, navets nouveaux ou épinards au printemps, courgette, poivrons et aubergines en été, butternut, potimarron ou patate douce en automne et hiver, à vous de choisir ! Pour les fruits secs, là aussi vous avez l’embarras du choix : les raisins secs peuvent être remplacés par de l’abricot sec en dés, des amandes ou des pistaches hachées. Enfin, je vous propose trois assaisonnements différents : un « basique » avec un mélange d’épices, auquel vous pouvez ajouter soit du citron confit au sel, soit de la tomate (et de la harissa si vous le souhaitez). Et bien sûr, à vous de choisir les herbes fraîches à rajouter au moment du service : menthe, persil plat, ou coriandre. Bref, vous avez compris, en mai, faites ce qu’il vous plait !
Poêlée de quinoa à la marocaine {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 2 personnes en plat principal (ou 4 personnes en accompagnement) :
- 1 verre (20 cl) de quinoa (ou autre céréale de votre choix : boulgour, millet, orge mondé, ou même des lentilles vertes ou blondes)
- 2 verres (40 cl) de bouillon de légumes (ajustez la quantité d’eau si vous choisissez une autre céréale)
- 1 oignon jaune
- 1 grosse gousse d’ail
- 4 carottes (ou autre légume au choix, voir notes en fin de recette)
- une dizaine de petits champignons de Paris (ou autre légume au choix, voir notes en fin de recette)
- 2 cs de raisins secs (ou d’abricots secs en dés, d’amandes ou de pistaches hachées, ou un mélange)
- 2 cc de cumin en poudre
- 2 cc de paprika
- ½ cc de coriandre en poudre
- ¼ cc de cannelle en poudre
- ¼ cc de noix de muscade en poudre
- 1 cs d’écorce de citron confit au sel, finement émincée OU 1 cs de concentré de tomates (optionnel)
- harissa au goût (optionnel)
- sel, poivre au goût
- huile végétale
- pour servir : herbes fraîches ciselées au choix : persil, menthe ou coriandre

Éplucher l’ail et l’oignon, ainsi que les carottes si elles ne sont pas bio (si elles le sont, il suffit de les rincer pour éliminer la terre, et éventuellement de les gratter avec un couteau pour enlever les petites racines). Frotter les champignons de paris avec un torchon sec pour éliminer la terre, couper la base si besoin. Rincer abondamment le quinoa à l’eau froide en frottant bien pour le débarrasser de son amertume.
Dégermer et émincer finement l’ail. Couper l’oignon en lamelles, et les carottes et les champignons en lamelles de 2 à 3 mm de large.
Faire chauffer 2 cs d’huile végétale dans une poêle. Ajouter l’ail, l’oignon, les carottes et les champignons et faire revenir une quinzaine de minutes à feu moyen, jusqu’à ce que les carottes soient tendres et l’oignon translucide et un peu doré.
Ajouter les épices (cumin, paprika, coriandre moulue, cannelle et muscade) et bien mélanger. Cuire quelques minutes puis ajouter le quinoa, bien mélanger et cuire une minute supplémentaire à feu vif.
Verser le bouillon (et le concentré de tomates si utilisé, en le diluant bien) et les raisins ou les abricots secs (attention, pas les amandes ou pistaches hachées !) et porter à ébullition. Laisser cuire à petits bouillons pendant une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps pour ne pas que ça accroche, jusqu’à ce que le quinoa ait absorbé tout le liquide. Le quinoa doit être cuit, si ce n’est pas le cas ajouter de l’eau et poursuivre la cuisson. En fin de cuisson, ajouter le citron confit et les amandes ou pistaches hachées (si utilisés) et bien mélanger.
Saler, poivrer, et ajouter de la harissa au goût. Mélanger les herbes fraîches hors du feu et servir.
Notes : il est possible d’utiliser un reste de céréale déjà cuite (c’est en réalité ce que j’ai fait quand j’ai préparé le plat présenté en photo). Dans ce cas, bien faire revenir les légumes, et quand ils sont tendres, ajouter les épices puis la céréale cuite et bien mélanger pour imprégner d’épices. Ne pas utiliser de bouillon, mais diluer le concentré de tomates (si utilisé) dans un peu d’eau avant de l’ajouter. Les carottes et les champignons peuvent être remplacés par des fèves, des rondelles de navet nouveau, des lamelles de fenouil, des épinards ou des fanes de blettes hachés (à rajouter après les autres légumes, et à poêler quelques minutes seulement), des cottes de blettes en tronçons, des rondelles de courgettes, des dés d’aubergine, des lamelles de poivron, des dés de patate douce, courge butternut ou potimarron, ...
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