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mercredi 10 mai 2017

Poêlée de quinoa à la marocaine

Aujourd’hui marque la moitié Défi Végane 21 jours, et ces dix premières journées m’ont permis de réaliser à quel point cuisiner végétalien était devenu facile pour moi (si vous voulez voir mon menu de la semaine passée, allez faire un tour sur mon Instagram). Il faut dire que cela fait maintenant deux ans que j’ai amorcé un virage vers une cuisine toujours plus végétale, après cinq ans de flexitarisme de plus en plus pauvre en protéines animales. Comme je le disais dans mon dernier article, j’ai quasiment éliminé de ma cuisine les produits laitiers, à part dans les rares préparations industrielles que l’on consomme, mais je m’efforce de les traquer et d’opter pour des options végétaliennes à la place. En revanche, je mange encore des œufs, même si là aussi je m’en passe de plus en plus, surtout en pâtisserie. Je n’ai pas encore testé les omelettes ou les brouillades végétales mais je compte bien en faire d’ici la fin du défi. J’avoue avoir plus du mal à résister à un œuf au plat ou mollet avec son jaune bien coulant (mais la semaine dernière j’ai tout de même réalisé un bibimbap coréen sans œuf et c’était tout aussi délicieux !).
C’est lorsque je suis à l’extérieur que ça se complique… En province, les restaurants offrant des options végétaliennes hors salade composée et assiette de frites sont tout de même assez rares. Et quand je mange chez des amis, même si ceux-ci acceptent sans aucun problème que je ne mange pas de viande et me préparent souvent des options végétariennes (même si je dois régulièrement expliquer que non, le poisson, c’est pas végétarien. C’est AUSSI un animal mort hein), il reste tout de même difficile pour eux de cuisiner végétalien. C’est ainsi que j’ai fait un mini-écart le weekend dernier, en allant prendre l’apéro chez un pote. Pourtant plein de bonnes intentions, il avait acheté de quoi manger pour moi, mais malheureusement il avait choisi des olives aux anchois par inadvertance, le houmous contenait du fromage blanc (WTF ?) et les tortillas de maïs du lactose et des protéines de lait (eeuh, sérieusement les gars ?... Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer cette foutue manie qu’on les industriels de fourrer des dérivés de lait un peu partout ?...), quant au tzatziki, l’un des ingrédients principaux est évidemment le yaourt. Le pauvre était totalement dépité alors quand il m’a servi une verrine de gaspacho courgette-basilic maison, je n’ai pas osé lui dire que le pesto qu’il avait mis dedans n’était pas végane non plus (puis de toute façon quand il m’a donné les ingrédients j’avais déjà englouti la moitié du truc…).
Je comprends tout à fait que cuisiner végétalien puisse être déstabilisant au début, surtout quand on a grandi dans une tradition culinaire qui utilise beaucoup la viande et les produits laitiers comme c’est le cas en France. Les substituts existent, mais de manière générale il faut s’inculquer de nouvelles habitudes alimentaires et culinaires. Cependant, il serait faux de croire que la cuisine végétalienne est complexe et remplie de produits bizarres tels que tofu et fromage de cajou. C’est d’ailleurs une question qui est revenue plusieurs fois sur le groupe Facebook du défi : est-il possible de manger végane, local et de saison, avec des recettes simples et sans utiliser d’ingrédients hors du commun ? J’ai plusieurs fois répondu un franc « OUI », sans vraiment donner d’exemples (et tombant ainsi dans l’écueil du « dire pourquoi mais pas comment » mentionné dans cet excellent article d’Antigone XXI), alors aujourd’hui je me rattrape avec cette recette, née d’une improvisation un jour de flemme culinaire, et qui regroupe tous les critères demandés. Vous allez peut-être me dire : « Attends, t’es bien gentille, mais ton quinoa là, il vient pas du Pérou ? ». Eh bien non, on trouve maintenant du quinoa français en magasin bio, et en vrac qui plus est ! Ceci dit,  je dois avouer que je reste tout de même partagée entre un choix local (donc à empreinte carbone réduite) ou un choix éthique (car le quinoa andin fait vivre des communautés d’agriculteurs là bas, comme j’ai pu le voir durant mon voyage en Equateur). Si vous n’avez pas la chance de trouver du quinoa local (ou que vous n’aimez pas ça, c’est votre droit ;), vous pouvez le remplacer par du boulgour de blé ou d’épeautre, du millet, de l’orge mondé (« Ah non mais tu vois que tu nous sors des ingrédients bio-bizarres au final ! ». Bah écoutez, vous pouvez aussi le tenter avec des coquillettes hein ^^) ou pourquoi pas des lentilles, pensez juste à modifier la quantité d’eau en conséquence. Et c’est la grande force de ce plat : il est adaptable  selon ce que vous avez au frigo. Vous pouvez donc changer de céréale (que vous pouvez d’ailleurs ajouter déjà cuite aux légumes, si vous avez des restes. Dans ce cas supprimez évidemment le bouillon !), mais aussi remplacer ou ajouter des légumes selon la saison. Fèves, navets nouveaux ou épinards au printemps, courgette, poivrons et aubergines en été, butternut, potimarron ou patate douce en automne et hiver, à vous de choisir ! Pour les fruits secs, là aussi vous avez l’embarras du choix : les raisins secs peuvent être remplacés par de l’abricot sec en dés, des amandes ou des pistaches hachées. Enfin, je vous propose trois assaisonnements différents : un « basique » avec un mélange d’épices, auquel vous pouvez ajouter soit du citron confit au sel, soit de la tomate (et de la harissa si vous le souhaitez). Et bien sûr, à vous de choisir les herbes fraîches à rajouter au moment du service : menthe, persil plat, ou coriandre. Bref, vous avez compris, en mai, faites ce qu’il vous plait !
Poêlée de quinoa à la marocaine {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 2 personnes en plat principal (ou 4 personnes en accompagnement) :
- 1 verre (20 cl) de quinoa (ou autre céréale de votre choix : boulgour, millet, orge mondé, ou même des lentilles vertes ou blondes)
- 2 verres (40 cl) de bouillon de légumes (ajustez la quantité d’eau si vous choisissez une autre céréale)
- 1 oignon jaune
- 1 grosse gousse d’ail
- 4 carottes (ou autre légume au choix, voir notes en fin de recette)
- une dizaine de petits champignons de Paris (ou autre légume au choix, voir notes en fin de recette)
- 2 cs de raisins secs (ou d’abricots secs en dés, d’amandes ou de pistaches hachées, ou un mélange)
- 2 cc de cumin en poudre
- 2 cc de paprika
- ½ cc de coriandre en poudre
- ¼ cc de cannelle en poudre
- ¼ cc de noix de muscade en poudre
- 1 cs d’écorce de citron confit au sel, finement émincée OU 1 cs de concentré de tomates (optionnel)
- harissa au goût (optionnel)
- sel, poivre au goût
- huile végétale
- pour servir : herbes fraîches ciselées au choix : persil, menthe ou coriandre

Éplucher l’ail et l’oignon, ainsi que les carottes si elles ne sont pas bio (si elles le sont, il suffit de les rincer pour éliminer la terre, et éventuellement de les gratter avec un couteau pour enlever les petites racines). Frotter les champignons de paris avec un torchon sec pour éliminer la terre, couper la base si besoin. Rincer abondamment le quinoa à l’eau froide en frottant bien pour le débarrasser de son amertume.
Dégermer et émincer finement l’ail. Couper l’oignon en lamelles, et les carottes et les champignons en lamelles de 2 à 3 mm de large.
Faire chauffer 2 cs d’huile végétale dans une poêle. Ajouter l’ail, l’oignon, les carottes et les champignons et faire revenir une quinzaine de minutes à feu moyen, jusqu’à ce que les carottes soient tendres et l’oignon translucide et un peu doré.
Ajouter les épices (cumin, paprika, coriandre moulue, cannelle et muscade) et bien mélanger. Cuire quelques minutes puis ajouter le quinoa, bien mélanger et cuire une minute supplémentaire à feu vif.
Verser le bouillon (et le concentré de tomates si utilisé, en le diluant bien) et les raisins ou les abricots secs (attention, pas les amandes ou pistaches hachées !) et porter à ébullition. Laisser cuire à petits bouillons pendant une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps pour ne pas que ça accroche, jusqu’à ce que le quinoa ait absorbé tout le liquide. Le quinoa doit être cuit, si ce n’est pas le cas ajouter de l’eau et poursuivre la cuisson. En fin de cuisson, ajouter le citron confit et les amandes ou pistaches hachées (si utilisés) et bien mélanger.
Saler, poivrer, et ajouter de la harissa au goût. Mélanger les herbes fraîches hors du feu et servir.
Notes : il est possible d’utiliser un reste de céréale déjà cuite (c’est en réalité ce que j’ai fait quand j’ai préparé le plat présenté en photo). Dans ce cas, bien faire revenir les légumes, et quand ils sont tendres, ajouter les épices puis la céréale cuite et bien mélanger pour imprégner d’épices. Ne pas utiliser de bouillon, mais diluer le concentré de tomates (si utilisé) dans un peu d’eau avant de l’ajouter. Les carottes et les champignons peuvent être remplacés par des fèves, des rondelles de navet nouveau, des lamelles de fenouil, des épinards ou des fanes de blettes hachés (à rajouter après les autres légumes, et à poêler quelques minutes seulement), des cottes de blettes en tronçons, des rondelles de courgettes, des dés d’aubergine, des lamelles de poivron, des dés de patate douce, courge butternut ou potimarron, ...
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mardi 2 mai 2017

Scones salés à l'ail des ours // Wild garlic savoury scones

Nous sommes le 2 mai, je n'ai pas posté depuis près d'un mois et pourtant...

Je n'ai pas rédigé mon article de favoris du mois (et je ne le ferai probablement pas car je n'ai pas grand chose à y mettre si ce n'est cette recette de cookies à l'okara d'avoine absolument délicieux)

Je n'ai pas encore fini de trier mes photos de Cuba, plus d'un mois après mon retour.

J'ai tout juste commencé à écrire un article sur le sujet mais je n'en suis pas satisfaite et je vais probablement le modifier entièrement.

J'ai à peine découpé les pièces de ma jupe pour mon projet capsule d'avril (oui oui, j'ai bien dit avril...)

Je n'ai toujours pas fini mon jean, projet capsule de février (OUI OUI, j'ai bien dit FÉVRIER...)

Et au lieu de m'occuper de tout ça, j'ai préféré faire des scones. Je crois que si la procrastination était une épreuve olympique, je serais médaillée d'or et détentrice du record mondial.


Oui mais attendez, il y a quand même une excellente raison qui fait que je vous parle de ces scones maintenant : c'est parce que la fin de la saison de l'ail des ours est dangereusement proche, et jusqu'à présent, je n'en ai que trop peu profité. C'est ainsi que, prise par l'urgence, j'en ai acheté deux gros bouquets au marché dimanche (y'en a qui achètent du muguet, moi je préfère l'ail des ours. Chacun son truc.) J'avais prévu d'en mettre dans une salade et dans un bibimbap, de faire de l'huile parfumée avec les fleurs, des pickles avec les racines et du pesto avec les tiges (spoiler alert : ça, c'était pas terrible comme idée, ça a pas super bien marché. Le faites pas. Coupez plutôt les tiges en petits tronçons et utilisez-les comme de l'ail ou de l'échalote dans des poêlées ou des vinaigrettes) et puis de congeler les feuilles restantes pour pouvoir assouvir mes envies de foccacia quand je le souhaitais.

Et puis l'idée de ces petits scones salés a germé de je ne sais où (enfin si, je sais : avec le froid polaire de ces derniers jours, je suis in the mood for love soupe, et qui dit soupe dit petits-trucs-croustillants-pour-manger-à-coté. Donc, des scones. CQFD.) alors je me suis empressée de les réaliser et de les poster ici en priorité devant tout le reste pour que vous puissiez avoir une chance d'en profiter vous aussi. Mais si jamais vous ne trouvez pas d'ail des ours, vous pouvez très bien le remplacer par une autre herbe de votre choix (j'imagine bien du basilic, de la ciboulette ou des oignons nouveaux, de la sauge, du thym, ou du romarin frais). Pour la pâte, j'ai tout simplement réutilisé celle de mes scones sucrés, avec quelques petites modifications pour les rendre végétaliens.


J'en profite d'ailleurs pour vous parler du Défi Végane 21 jours organisé par le Festival Végane de Montréal, et dont l'objectif est, comme vous l'aurez compris, de "tester" le mode de vie végane pendant 21 jours (et plus si affinités ;) à compter du 1er mai. Si vous souhaitez participer, il est bien évidemment encore temps de vous inscrire à la newsletter du défi pour recevoir des idées de menu et des conseils pour bien mener son alimentation végétalienne, et de rejoindre le groupe Facebook dédié! Pour ma part, bien que je mange végétalien à 90%, je n'ai pas encore totalement franchi le cap et je mange encore régulièrement des oeufs (et je dois avouer que j'aime beaucoup ça donc j'ai du mal à m'en passer...), et parfois des produits laitiers, surtout quand je suis hors de chez moi (c'est déjà pas toujours facile de trouver des options végétariennes en province, alors trouver des plats sans beurre, crème ou fromage ça tient presque de l'impossible...) Mais pendant ces 21 jours, je vais m'interdire totalement tout produit d'origine animale et voir comment je m'en sors! J'espère également retrouver un rythme de publication un peu plus régulier et poster quelques recettes dans le cadre du défi ! Allez, venez, on est bien en véganie ;)


Scones salés a l'ail des ours {végétalien, option dans soja, option sans noix}
Pour 12 à 15 scones :
- 175 g de farine de blé T80
- 1 cc de levure chimique
- 1 cc de bicarbonate de soude
- 1/4 cc de sel
- 40 g de margarine végétale ou d'huile de coco solide OU 20 g de margarine ou d'huile de coco + 20 g de purée de cajou (pour un gout plus fromagé)
- une dizaine de feuilles d'ail des ours, lavées, séchées et ciselées
- 90 ml de lait végétal non sucré + un peu pour dorer
- 1 cc de vinaigre de cidre

Faire tiédir le lait et ajouter le vinaigre. Laissez reposer quelques minutes.

Dans un saladier, mélanger la farine, la levure, le bicarbonate et le sel. Ajouter la margarine en petit morceaux (ou l'huile de coco, ou le mélange purée de cajou + margarine ou huile de coco) et sablez du bout des doigts. Ajouter l'ail des ours ciselé et mélanger pour bien répartir.

Verser le mélange lait + vinaigre dans le saladier en mélangeant avec une fourchette pour l'incorporer, puis pétrir la pâte quelques minutes, juste le temps d'obtenir une boule homogène.

Diviser la pâte en deux boules et, sur un plan de travail fariné, étaler chaque boule en un disque d'environ 1 cm d'épaisseur. Découper chaque disque en 6 ou 8 portions. Vous pouvez également découper des scones ronds à l'aide d'un emporte-pièce.

Répartir les scones sur une grille de four recouverte d'un tapis de cuisson. Badigeonner chaque scone d'un peu de lait végétal et enfourner pour 15 à 20 minutes à 180°C, jusqu'à ce qu'ils soient dorés mais encore moelleux à l'intérieur.

Servir en accompagnement d'une salade ou d'une soupe (la seconde option est évidemment préférable par ces temps glaciaires ;) Les scones se gardent quelques jours dans une boîte hermétique. La pâte peut être congelée crue, de préférence avec les scones déjà découpés, vous n'aurez plus qu'à les enfourner directement à la sortie du congélateur. Vous pouvez aussi congeler la pâte en boule ou en disque et la laisser décongeler quelques heures à température ambiante avant de la manipuler.


Wild garlic season is coming to its end, but I didn't get to enjoy its delicate flavour as much as I'd have liked this year. So when I spotted some at the market, I immediatly bought two big bunches of it. I plan to make this salad and use some leaves as topping for a bibimbap, then make garlic-flavoured oil with the flower buds, pickles with the roots, and pesto with the stems (which isn't a very good idea actually. Don't do it. Instead, chop the stems and use them like garlic or shalots in stir-fries or dressings), and finally freeze the remaining leaves so that I get to enjoy this focaccia whenever I want. But the the idea of making savoury scones popped into my mind (probably because we're freezing right now, so I'm thinking a lot about soup and about little crunchy things on the side), so I adapted my recipe for British scones into a savoury and vegan version, and I have to say that this is a big success! I had to prevent myself from eating them all in one night! If you can't find ramps, I think that fresh basil, scallions, sage, thyme or rosemary would work nicely too!


Wild garlic savoury scones {vegan, soy-free option, nut-free option}
Yields about 12-16 small sconnes : 
- 175 g semi-whole wheat flour
- 1/4 tsp salt
- 1 tsp baking powder
- 1 tbsp baking soda- 40 g vegan butter or solid coconut oil OR 20 g vegan butter or coconut oil + 20 g cashew butter
- 10 ramps (wild garlic) leaves or so, washed, dried and finely chopped
- 90 ml unsweetened plant milk of your choice + more to glaze
- 1 tsp apple cider vinegar

Warm the milk slightly, just to take the chill off. Add vinegar, and leave to curd for a few minutes.

In a big bowl, sieve flour, baking powder and soda and salt.

Add the cubed vegan butter (or coconut oil, or vegan butter/coconut oil + cashew butter) and mix with your fingertips until it looks like breadcrumbs. Add the chopped ramp leaves and mix well with your fingertips to distribute evenly.

Pour the milk into the flour miture, stirring with a fork to incorportae the liquid. Knead lightly until a soft dough is formed. Do not overmix or the scones will be too heavy.

Divide the dough into two balls and roll on a floured surface into 1 cm (1/2-inch) thick discs. Slice into 6 or 8 pieces. You could also make round scones with a pastry cutter. Pace them on a baking sheet, spacing them from 1 1/2 inch so that they do't stick together when baking.

Glaze each scone with milk and bake for 15 to 20 min at 180°C (400F) until golden and puffy. 

Serve as a side for salad or soup. The scones keep for a few days into an airtight box. The dough can be frozen raw, preferably cut into scones (this way you'll joust have to pop them into the oven straight from the freezer), but you can also freeze the dough uncut (formed into a ball or a disc) and let it thaw for a few hours at room temp before handling.

mercredi 5 avril 2017

Soupe de pois cassés à la cubaine

En bonne obsédée de la bouffe amatrice de cuisine du monde, j'adore découvrir la cuisine locale quand je voyage. Pendant la préparation de mon séjour, je me demande souvent à quoi ressembleront les repas sur place, ce que je mangerai et si je trouverai facilement des plats végétariens. Surtout, j'essaie de ramener des recettes et/ou des ingrédients locaux pour prolonger l'expérience chez moi.

En allant à Cuba, je m'attendais à découvrir une cuisine afro-caraïbéenne pleine de saveur nouvelles, mais je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Soyez prévenus : ce n'est pas une destination très gastronomique et végé-friendly. La plupart des repas que nous avons manges là bas étaient calqués sur le schéma viande (principalement du poulet, généralement peu assaisonné, et pas mal de porc également, mieux épicé en revanche) + riz + haricots noirs (servis soit en soupe, soit mélangés au riz). En accompagnement, quelques crudités (beaucoup de chou blanc, à ma grande surprise, cru la plupart du temps, parfois mariné et salé, ainsi que des tomates et du concombre), et des tranches de banane plantain ou de patate douce frites comme des chips. De temps en temps, un peu de manioc, parfois frit lui aussi. Quelques fois, de la pomme de terre (frite, bien évidemment, vous aurez compris le truc...) Je peux compter sur les doigts d'une main les fois où j'ai pu manger des légumes un peu "différents" tels que carotte, poivron, aubergine, ou courge. Les desserts sont quasi-inexistants : flans au caramel (que nous n'avons pas testés), quelques gâteaux (de qualité variable), et surtout des fruits : ananas (délicieux, avec une chair plus claire et une saveur beaucoup plus fine que ceux qu'on trouve ici) et papaye principalement, mais aussi banane (le plus petites sont les plus parfumées), goyave, pamplemousse ou mangue (pourtant pas de saison en mars, mais là bas tout le monde a bien compris que c'est le fruit préféré des touristes alors vous en verrez quand même!



Autant vous dire qu'on a rapidement saturé de ce menu, malheureusement les possibilités d'échappatoire sont assez limitées : pâtes et pizzas dominent le reste du paysage culinaire, avec quelques sandwiches et hamburgers. Le tout avec très peu d'options végétariennes (surtout quand on sait que la viande se cache en réalité partout, dans les cuissons des soupes ou en petits morceaux dans le riz...), et encore moins d'options véganes, les oeufs et le fromage étant présent dans quasiment toutes les alternatives végé (à moins de ne manger que des crudités, des bananes/patates douces/pomme de terre frites, des sandwiches aux légumes -bien que je me demande à quoi ils sont garnis, vu que le légume, c'est pas vraiment un truc très tendance là bas...- ou des pâtes "à la napolitaine" en précisant "sans fromage", soit... Des pâtes à la tomate...). À ce titre, c'est un petit miracle que nous ayons pu trouver deux fois des falafels à La Havane, ils ont probablement sauvé ma santé mentale à eux seuls haha!



Et puis, au milieu de tout ça, une soupe à tomber à la renverse, dégustée dans la casa particular où nous logions à Viñales. Une base de tomate, un parfum de cumin incroyable, des petits morceaux de légumes (#BONHEUR), et ce que je pensais être de petits haricots blancs, qui se sont en fait avérés être des pois cassés. S'il y avait bien une recette qui méritait de revenir avec moi, c'était celle-ci. J'ignore en revanche si elle est répandue dans toute l'île, ou s'il s'agit d'une recette familiale. Quoi qu'il en soit, notre logeuse a gentiment accepté de me la révéler, et elle m'a même fait cadeau d'une généreuse portion de pois secs pour que je puisse la reproduire chez moi, ce que j'ai fait à peine rentrée ! J'y ai apporté une modification de taille : j'ai bien évidemment supprimé le morceau de viande qui sert à aromatiser le bouillon ! Quand je vous disais qu'il est difficile d'être végé à Cuba...



J'avais un peu peur que le printemps soit déjà trop avancé pour une recette de soupe (qui a encore envie d'entendre ce mot passé le mois de février ?!), au point que j'avais même prévu de vous dire "oui mais vous savez à Cuba, on a mangé de la soupe même par 28°C alors vous allez pas faire les difficiles nonmého!". Cependant les premiers jours d'Avril se montrent conformes au célèbre proverbe, ce qui rend l'idée d'un bol de soupe bien chaud encore acceptable à cette période de l'année. Ceci dit, j'ai tout à fait conscience qu'il s'agit plutôt d'une recette d'automne au vu de ses ingrédients. Si on trouve encore quelques butternuts, pour le poivron et le piment ça sera plus compliqué. Vous pouvez utiliser des légumes congelés si vous en avez (chez nous, on avait fait un stock de poivrons épépinés et coupés en quartiers, et de courgettes en dés à la fin de l'été, pour apporter un peu de variété pendant l'hiver !), ou bien vous passer du piment et remplacer le poivron par autre chose (par exemple du poireau, du céleri ou du kale/chou vert), je pense que ça sera tout aussi délicieux!
 

Soupe de pois cassés à la cubaine {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix} 
Pour 4 à 6 personnes :
- 150 g de pois cassés jaunes non décortiqués (ou de petits haricots comme les cornilles), trempés pendant une nuit et égouttés
- 50 g de pois cassés verts décortiqués (si vous ne trouvez pas de pois non décortiqués ou de haricots, utilisez 200 g de pois cassés verts)
- 150 g de courge butternut, pelée si non bio et coupée en gros morceaux
- 150 g de poivron vert, coupé en gros morceaux
- 1 oignon, finement émincé
- 2 gousses d'ail, écrasées avec le plat du couteau puis finement émincées
- 1 petit piment doux (je n'ai pas réussi à identifier la variété utilisée à Cuba, elle ressemble au habanero mais sans être piquante. Vous pouvez le remplacer par un piment doux des Landes, au goût similaire), finement haché
- 2 cs de concentré de tomate
- 1 cc de bouillon de légumes en poudre
- 1 cc de graines de cumin
- 1/2 cc de cumin en poudre
- sel, poivre, huile végétale

Placer les pois trempés et les pois cassés dans une cocotte minute avec une fois et demi à deux fois leur volume d'eau. Faire cuire 15 min dès que la vapeur s'échappe. Les pois jaunes (ou haricots cornilles) doivent être tendres mais pas défaits.

 Faire chauffer 2 cs d'huile dans une poêle et faire revenir à feu moyen et pendant une dizaine de minutes l'ail, l'oignon et le piment finement émincés. Ajouter le concentré de tomates et faire cuire 5 minutes en remuant pour ne pas que ça attache.

Une fois les légumineuses cuites, ajouter dans la cocotte le contenu de la poêle, le poivron et la butternut en morceaux, 1 litre d'eau et le bouillon en poudre. Mélangez bien pour dissoudre le concentré de tomate. Couvrez et portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez cuire une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la butternut et le poivron soient tendres.

Faites toaster les graines de cumin à sec sur feu vif, jusqu'à ce qu'elles embaument et commencent à brunir. Broyez-les au mortier et ajoutez-les à la soupe, avec le cumin en poudre. La qualité de vos épices est essentielle pour le goût de cette soupe (à Cuba, notre hôte conservait même son cumin au frais pour en préserver les saveurs, et son odeur était à la fois très douce et incroyablement puissante !). Il est également important d'ajouter le cumin en fin de cuisson pour en conserver au maximum les arômes.

Rectifiez l'assaisonnement à votre goût avant de servir. Si possible, préparez cette soupe à l'avance (le matin pour le soir ou le soir pour le lendemain) et laissez la reposer pour que ses saveurs de développent. Si nécessaire, allongez la soupe avec un peu d'eau au moment de la réchauffer.

vendredi 31 mars 2017

Mes favoris du mois : mars 2017

Si vous me suivez sur Instagram (et si ce n'est pas le cas... Qu'est ce que vous attendez? :p), vous avez vu que je suis partie en vacances à Cuba durant dix jours. Impossible de résumer ce voyage en un seul mot, voire même en une dizaine, aussi je n'en parlerai pas aujourd'hui, mais j'y consacrerai bien évidemment quelques articles au cours du prochain mois. Mais avant ça, j'ai d'autres sujets à aborder : il faudra que je parle un peu couture, mais ça sera pas pour tout de suite non plus (kicéki a toujours pas fini son projet capsule de février et qui attaque celui de mars le... 31?...). Et puis comme d'habitude, il y a les favoris du mois.

Bon, pour Mars, vous vous en doutez, c'est assez light, puisque j'ai passé la première moitié du mois la tête dans le guidon avec les préparatifs du voyage (oui oui, à part pour les billets d'avion, on a quasiment tout fait à J-15 du départ...). Quant à la seconde moitié, je l'ai bien évidemment passée à bronzer sous les cocotiers, tellement coupée du reste du monde que même s'il y avait eu une invasion de Godzillas en France, j'aurais pas été au courant avant mon retour. Par conséquent, je n'ai que des favoris culinaires à vous présenter ce mois-ci, mais à vrai dire ce n'est pas plus mal car je ne suis pas réellement satisfaite de ce format un peu "fourre-tout" que j'ai adopté ces derniers mois... Je réfléchis actuellement à quelque chose de plus pertinent et de plus organisé pour cette rubrique (voire même à l'abandonner tout à fait?), donc si vous avez des suggestions à ce sujet, n'hésitez pas!


01. Donuts véganes | Déliacious : Eux, ils auraient déjà du faire partie des favoris de Février, mais j'ai oublié de les y mettre. Et comme j'en ai refait en Mars pour Mardi Gras (enfin, dans mon cas c'était plutôt Dimanche Gras vu que j'étais en déplacement pro le mardi en question), cette fois j'ai bien pensé à les inclure dans ma liste. Ca faisait longtemps que j'épinglais les recette de donuts sur Pinterest (j'ai même failli leur dédier un tableau spécial!) sans oser me lancer, car j'imaginais que c'était assez difficile à faire. En réalité, il s'agit d'un pâte à double levée, un peu semblable à de la brioche, qui est très facile à manipuler et à mettre en forme. Je l'ai faite avec de l'huile de coco à la place de la margarine, et avec du lait d'amande au lieu du lait de soja, et ça marche aussi. Reste l'étape de la friture, qui m'effraie toujours un peu aussi (en partie parce qu'après coup, tout mon appart sent l'huile...), mais ici la cuisson est assez rapide, à peine quelques minutes par donut. Au total, avec la double pousse, le temps de réalisation de cette recette est un peu long mais il y a en réalité très peu de travail, et le résultat est délicieusement gras et sucré (et prouve bien que les véganes ne se nourrissent pas uniquement de toasts à l'avocat ;).

02. Brandade d'algues | Déliacious : Bah dis donc Délia, entre la bolo végétale, les donuts ci-dessus et maintenant la brandade, tu serais pas en train de t'installer dans ma cuisine un peu? ;) Mais bon, je peux pas t'en vouloir hein, parce que tes recettes sont au top! Si je dis souvent que me passer de viande n'est pas difficile pour moi, en ce qui concerne le poisson, c'est une autre histoire. J'adore ça, et j'ai beaucoup de mal à y résister (d'ailleurs j'en mange encore quand je suis dans un restaurant qui n'a aucune option végétarienne...) mais l'état alarmant de nos océans me préoccupe beaucoup alors je fais de mon mieux pour m'en passer. C'est pour ça que j'apprécie tout particulièrement les recettes qui essaient de recréer des saveurs marines en version végétale (comme par exemple ce fish and chips ultra-bluffant chez 100% Végétal). Je ne sais donc pas comment j'ai pu zapper cette recette de brandade quand l'article est paru, mais heureusement que je suis retombée dessus en farfouillant dans les archives de Délia, car c'est un délice! La morue est remplacée par un mélange de haricots blancs et d'algues (auquel j'ai rajouté un peu de sauce soja pour la saveur umami et le goût salé de la morue), et au niveau du goût et de la texture, on croirait manger une vraie brandade! Parfait pour satisfaire mes envies de saveurs iodées!

03. Za'atar swirl bread (pain marbré au za'atar) | Dolly and Oatmeal : Le nom de cette recette est un peu trompeur car on est plutôt en présence d'une galette, ultra simple à réaliser, à base de farine de pois chiches. Le résultat n'en est pas moins très savoureux, et s'accompagne très bien d'une salade ou d'un bol de soupe pour un repas léger. Je l'imagine également coupé en petits cubes pour un apéro, et pourquoi pas accompagné d'une sauce tomate pour faire trempette.

04. Petites crèmes à l'amande et à la fleur d'oranger | Mango & Salt : Version végétalienne du mouhallabieh libanais, un flan libanais parfumé à la fleur d'oranger, ces petites crèmes sont d'une simplicité enfantine à réaliser, ce qui les rend parfaites pour ces moments où on a envie d'un dessert frais et léger qui ne demande pas beaucoup de temps de préparation. SI vous n'aimez pas la fleur d'oranger, Victoria propose de la substituer par de l'eau de rose, mais je pense que sur le même modèle vous pouvez aussi réaliser des crèmes au chocolat en utilisant du cacao en poudre.

mercredi 22 mars 2017

Les meilleures lasagnes à la bolognaise végétale

Je sais que mon titre pourra paraître prétentieux, mais d'une part, le mérite de cette recette revient entièrement à Delia à qui j'ai piqué l'idée de la bolognaise au tofu rosso, donc c'est pas à moi qu'il faut jeter des fleurs, mais bien à elle ; et puis d'autre part... Eh bien c'est la vérité : ces lasagnes véganes sont réellement les meilleures que j'aie jamais mangé de TOUTE MA VIE (oui oui, on fait pas dans la dentelle ici!). Et pourtant, je peux vous dire que j'en ai fait, des lasagnes à la bolo végétale, je pense que j'ai à peur près tout testé : lentilles, champignons, protéines de soja, des combinaisons de tout ça... Du coup, je pense que je peux m'auto-attribuer le titre d'expert en la matière et que vous pouvez me croire sur parole quand je vous dit que rien, absolument RIEN, n'arrive à la cheville du tofu rosso. D'autant plus que c'est hyper simple à utiliser : on émiette, on ajoute à la sauce tomate, et hop, y'a plus qu'à coincer tout ça entre quelques couches de pâtes, à napper de crème ou de béchamel végétale, et après 20 minutes au four, il ne vous reste plus qu'à souhaiter buon appetito à vos convives.





Oui, parce que c'est typiquement LA recette que vous pouvez servir les yeux fermés à tous vos invités, ça plaira à tout le monde et ça vous permettra de démolir le cliché du végéta*ien qui se nourrit exclusivement de quinoa et de graines germées (même si c'est très bon, le quinoa et les gaines germées, hein. Les gens savent pas ce qu'ils ratent.) D'ailleurs il y a fort à parier que si vous ne dites pas que vos lasagnes sont 100% végétales, personne ne le remarquera, c'est vous dire à quel point c'est bluffant. Donc si vous avez un ami/collègue/tonton qui vous dit : "mais ils mangent quoi, les végéta*iens?" ou "le tofu, c'est dégueulasse" ou "de toute façon, un repas sans viande, c'est pas un repas" ou même les trois à la fois, servez-leur ces lasagnes et savourez votre vengeance! Puis, tant que vous y êtes, vous pouvez enchaîner avec ces mousses au chocolat végétales et ultra bluffantes -ou bien aux fruits, si vous voulez quand même sauvegarder votre healthy-réputation. Et bim, tofu : 1 - protéines animales : 0!




Lasagnes à la bolognaise végétale {végétalien, sans noix, option sans gluten}
Pour 4 personnes :
- 1 oignon
- 2 gousses d'ail
- 1 petite carotte
- 1 petite branche de céleri
- 400 ml de coulis de tomates ou de pulpe de tomate en dés
- herbes aromatiques au choix : thym, origan, basilic
- 200 g de tofu rosso
- feuilles de lasagnes (sans oeufs, et sans gluten si nécessaire. Vous pouvez également les remplacer par les lanières de courgettes)
- 20 cl de crème végétale + 1/4 cc de noix de muscade en poudre ou de béchamel végétale (recette ci-dessous)
- pour gratiner : levure maltée ou parmesan végétal (recette ci-dessous) ou fromage végétal
- huile d'olive
- sel et poivre

Pelez l'ail, l'oignon (et la carotte si elle n'est pas bio, sinon il suffit de la frotter pour éliminer la terre). Emincer finement l'ail, l'oignon, la carotte et le céleri (à la main ou à l'aide d'un robot de cuisine).

Faire chauffer 2 cs d'huile d'olive dans une poêle et faire revenir les légumes émincés à feu moyen pendant 5 à 10 minutes en remuant.

Ajouter la tomate et les herbes aromatiques et laissez mijoter à petits bouillons pendant une dizaine de minutes.

Emietter le tofu et ajouter à la sauce. saler et poivrer au goût.

Etaler une fine couche de crème ou de béchamel au fond d'un plat rectangulaire et recouvrir d'un coude de pâtes. Verser la moitié de la bolognaise, puis recouvrir de pâtes et verser l'autre moitié de la sauce. Recouvrir d'une dernière couche de pâtes et napper de crème végétale (saupoudrer la muscade par dessus) ou de béchamel. Saupoudrer de levure maltée/parmesan végétal/fromage végétal râpé et enfourner pour 20 minutes à 180°C. Le dessus doit être bien doré et les pâtes cuites.

Servir chaud accompagné de salade.

Béchamel végétale {végétalien, option sans noix, option sans soja, option sans gluten}
Pour un plat de lasagnes pour 4 personnes :
- 1 cs d'huile d'olive ou d'huile végétale au goût neutre
- 2 cs de farine de blé ou de riz
- 300 ml de lait végétal au goût neutre
- sel, poivre, noix de muscade

Faire chauffer l'huile dans une casserole. Ajouter la farine d'un coup et mélanger pour former une pâte.

Cuire 30 secondes en remuant constamment.

Ajouter progressivement le lait végétal en fouettant vigoureusement pour éviter les grumeaux.

Faire épaissir à feu moyen en remuant. Assaisonner au goût et utiliser immédiatement.

Parmesan végétal aux graines de courge {végétalien, sans soja}
Pour un petit pot :
- 2 cs de noix de cajou
- 2 cs de graines de courge
- 2 cs de levure maltée
- 1/2 cc d'ail en poudre
- sel au goût

Faire toaster à sec les graines de courge et les noix de cajou dans une poêle bien chaude, en remuant constamment, jusqu'à ce que les graines commencent à éclater.

Mixer tous les ingrédient ensemble et conserver au frais dans un récipient hermétique.

mercredi 15 mars 2017

Boulettes de lentilles ultra modulables et couscous de légumes

Je ne me l'explique pas, mais j'adore la nourriture qui se présente sous forme de "mini portions" : les croquettes, galettes ou palets de légumes ou de céréales, blinis, pancakes et autres petites crêpes, bouchées vapeur, et bien entendu, les boulettes! Vous commencez à connaître mon discours : en version "originale" à la viande, ça n'a pourtant jamais été trop mon truc, mais en version végétale, j'en raffole! Ne me laissez JAMAIS en tête à tête avec une assiette de falafels si vous espérez en manger ne serait-ce qu'un seul...



C'est marrant de voir à quel point certaines alternatives végétales m'attirent bien plus que la version à la viande, c'est le cas des boulettes donc, mais aussi de l'axoa, ou des burgers (qui offrent tellement plus de saveurs et de possibilités en version végé qu'en version viandarde!). Mais il y a aussi des aliments que je déteste tellement que même végétalisés, je ne peux pas y toucher. C'est notamment le cas des cupcakes et layer cakes plein de crème, ou de la plupart des fromages. Je vous jure que quand je suis allée au VeggieWorld à Lyon en janvier dernier, j'étais incapable de goûter à du fromage végétal (ou même simplement de le toucher, dans le cas du camembert végane) (oui, oui, je suis atteinte à ce point là...) quand bien même je savais que ces produits sont majoritairement composés d'oléagineux, huiles et de levure maltée. J'ai quand même pris sur moi et goûté une variété aux noix (j'ai choisi intentionnellement un bout avec beaucoup de noix et peu de fromage ;), et OHMONDIEU c'était hyper fort, et tout à fait conforme à l'idée que je me fais du vrai fromage #beurkbeurkbeurk. Les connaisseurs auraient probablement pu faire la différence, mais pour moi, c'était tout aussi mauvais!



Bref, revenons en à nos boulettes. Je cherchais une recette vraiment basique, pour accompagner des pâtes ou un couscous, et c'est chez Naturally Ella que j'ai trouvé mon bonheur. J'ai très légèrement adapté la recette pour la rendre végétalienne, mais je vous conseille tout de même d'aller voir l'originale car elle pointe vers une recette de sauce au curry vraiment délicieuse (croyez-moi sur parole, je l'ai déjà testée l'an dernier!). Vous pouvez aussi les retrouver ici, accompagnées de pâtes et de tomates rôties (à remplacer par des tomates confites à l'huile en cette saison). Ce que j'adore avec ces boulettes, c'est qu'elles sont ultra modulables : changez les épices, et elles s'adapteront à toutes vos envies. Je vous propose d'ailleurs quelques substitutions en fin de recette, mais aussi un couscous de légumes avec lequel elles se marient à merveille. Car même si le printemps commence à pointer le bout de son nez, on va tout de même devoir se coltiner les légumes d'hiver encore un petit moment avant de voir apparaître asperges, artichauts ou pois gourmands sur nos étals... Alors autant prendre son mal en patience et se concocter une belle marmite pleine d'épices et de saveurs, non?



Boulettes de lentilles {végétalien, sans gluten, option sans soja, option sans noix}
Adapté de Naturally Ella
Pour 12 boulettes : 
- 1/2 tasse de lentilles brunes ou vertes
- 2 échalotes (ou 1 petit oignon)
- 2 gousses d'ail
- 1 carotte (épluchée si elle n'est pas bio)
- 1/2 tasse de noisettes, de noix ou de noix de pécan (à omettre ou à remplacer par des graines de courge ou de tournesol pour une version sans noix)
- 1 cs de graines de lin moulues + 2 cs d'eau
- 1 cs de concentré de tomates
- 1 cs de sauce soja
- 1 cs d'huile d'olive + 1 cs pour huiler les boulettes
- 5 branches de persil
- 1/2 cc de cumin en poudre
- 1/2 cc de coriandre en poudre
- 1/4 cc de noix de muscade moulue
- 2 généreuses pincées de poivre

Mettre les lentilles et 1/2 litre d'eau non salée dans une casserole. Porter à ébullition et laissez cuire 15 à 20 minutes, jusqu'à ce que les lentilles soient tendres. Bien égoutter et placer dans un saladier. Ecraser grossièrement les lentilles avec une fourchette ou le dos d'une cuillère.

A l'aide d'un robot, hacher finement l'ail, l'oignon et la carotte. Faire chauffer 1 cd d'huile d'olive dans une poêle et faire revenir le mélange d'ail, d'oignon et de carotte à feu moyen pendant 5 à 10 minutes, jusqu'à ce que l'oignon devienne translucide. Ajouter aux lentilles.

Mélanger les graines de lin et l'eau et laisser épaissir quelques minutes.

Hacher le persil et les noisettes. Ajouter aux lentilles avec la sauce soja, les épices, le concentré de tomates et le gel de lin. Le mélange doit être assez collant pour pouvoir être modelé en boulettes. Si ce n'est pas le cas, ajouter 1 cs de farine de pois chiches ou de polenta pour assécher le mélange. Bien mélanger et laisser agir quelques minutes avant de répéter l'opération si nécessaire.

Former des boulettes de la taille d'une balle de ping-pong et les disposer sur une plaque de four. Badigeonner légèrement d'huile d'olive et enfourner pour 20 minutes à 180°C. Vous pouvez également faire cuire les boulettes à la poêle dans un peu d'huile, en les retournant régulièrement pour qu'elles soient bien croustillantes de tous les côtés.

Variantes : vous pouvez adapter ces boulettes selon vos goûts ou selon ce avec quoi vous les servez. Cette version est parfaite en accompagnement d'un couscous végétal, et vous pouvez y ajouter de la coriandre fraîche, du paprika ou des graines de fenouil moulues pour plus de saveur. Vous pouvez utiliser les noix ou les graines de votre choix, ou les remplacer par des champignons de paris hachées et revenus à la poêle, ou encore des olives hachées. Pour accompagner des pâtes, vous pouvez remplacer tout ou une partie du persil par du basilic et remplacer le cumin et la coriandre par 1/2 cc d'origan et/ou de thym. Pour une version indienne, remplacez les épices par du garam massala et remplacez le persil par des feuilles de coriandre.


Couscous de légumes {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 6 personnes : 
- 1 oignon
- 2 gousses d'ail
- 300 g de carottes
- 300 g de topinambours
- 300 g de panais
- 300 g de courge (potiron, butternut, potimarron, ou autre courge à chair ferme)
- 1 bulbe de fenouil
- 1 navet boule d'or
- 1 branche de céleri
- 1 boîte de pois chiches
- 4 cs de raisins secs
- 3 cc de cumin
- 1 cc de paprika
- 1 cc de coriandre moulue
- 1/2 cc de curcuma
- 1/2 cc de cannelle
- 1/2 cc de poivre
- 1 à 2 cs de harissa (optionnel)
- huile d'olive, sel

Eplucher l'ail, l'oignon et la courge. Brosser les autres légumes pour en retirer la terre. Les éplucher s'ils ne sont pas bio.

Couper l'oignon en quarts, puis couper chaque quart en deux dans la largeur. Emincer l'ail. Couper les légumes en gros dés de taille uniforme.

Faire chauffer 3 cs d'huile d'olive dans une grande cocotte. Ajouter tous les légumes et faire revenir 10 minutes à feu moyen, en mélangeant de temps en temps.

Ajouter les épices et bien mélanger pour enrober les légumes. Laisser cuire quelques minutes supplémentaires.

Versez de l'eau jusqu'à mi-hauteur des légumes, portez à ébullition et laissez mijoter à petits bouillons pendant 20 à 30 minutes, ou jusqu'à ce que les légumes soient tendres (bien vérifier les carottes car ce sont elles qui mettent le plus de temps à cuire). Vous pouvez également utiliser une cocotte minute : dans ce cas, comptez 7 minutes à partir du moment où la vapeur s'échappe.

Ajouter les pois chiches égouttés et les raisins secs, en mélangeant délicatement pour ne pas écraser les légumes. Laisser cuire quelques minutes supplémentaires pour porter les pois chiches à température. Saler et ajouter la harissa au goût.

Servir chaud accompagné de semoule (ou du millet ou du quinoa pour une version sans gluten). Se marie très bien avec des boulettes ou des merguez végétales.

Les restes se conservent quelques jours au frigo, ou peuvent être congelés.

Variantes : vous pouvez bien évidemment changer la composition du couscous et utiliser les légumes que vous aimez ou avez sous la main. En hiver, vous pouvez utiliser du céleri rave, du chou blanc, du navet blanc, des rondelles de poireau, des champignons, de la pomme de terre, de la patate douce, ... En été, ajoutez des courgettes, de l'aubergine ou de la tomate.

mardi 7 mars 2017

Mes favoris du mois - février 2017


Qui dit "mois de février écoulé à vitesse grand V" dit "liste de favoris riquiqui" (et à la bourre, aussi...). Comme d'habitude, on commence par la bouffe ;)

01. Okara "crab" cakes | Fatfree vegan kitchen : Je vous le disais dans mon post zéro déchet : cette année, je compte bien faire du lait végétal plus souvent afin de réduire ma consommation de briques Tetra Pak (qui sont un cauchemar à recycler, contrairement à ce que l'on croit!). Et quand on fait du lait végétal chez soi, on se retrouve avec de l'okara, à savoir la "pulpe" essorée de l'ingrédient utilisé pour le lait (amandes ou autre noix, soja, avoine, etc). Ce résidu solide s'avère être un concentré de nutriments qui peut trouver sa place dans de nombreuses recettes : allez donc voir chez Antigone XXI (ici pour le sucré et là pour le salé) ou Marie Chicoca (là encore vous trouverez des idées sucrées ou salées) pour vous en convaincre! Pour ma part, j'ai choisi de tester une recette de "crab" cakes à l'okara de soja, et je dois dire que j'ai été hyper bluffée par leur texture, très similaire à du vrai crabe (ou en tout cas au souvenir que j'ai des très rares fois où j'en ai mangé...). Au niveau du goût, j'aurais du y aller un peu plus franco sur les paillettes d'algues pour avoir un goût marin plus prononcé, mais même sans ça, les galettes sont très bien assaisonnées (pour le mélange d'épices Old Bay, j'ai utilisé cette recette qui s'inspire de la version anglaise). Le seul inconvénient de ces crab cakes est leur fragilité qui les rend très difficiles à retourner dans le four (alors pour une cuisson à la poêle, n'y pensez même pas!), peut-être que l'ajout de gel de lin ou de chia pourrait améliorer les choses.

02. Tartonoireaux (tarte poireaux et noix) | Echos Verts : les tartes salées sont un grand classique chez nous, on en mange très souvent et on adore tester de nouvelles recettes. On s'est laissé tenter par cette variante de la très classique tarte aux poireaux, assaisonnée de moutarde et de noix, et le mélange des saveurs est une vraie réussite! Je pense que c'est une recette que l'on refera très souvent!

03. Baozi au tempeh laqué | Clea Cuisine : je vous le dis de suite : quand j'ai vu cette recette, j'ai bloqué dessus. Bien que je n'en mange pas souvent, j'adore les bahn-bao, ces petites brioches farcies et cuites à la vapeur originaires d'Asie. J'aime beaucoup le moelleux de leur pâte, mais je n'ai jamais osé tenter l'aventure chez moi de peur que ce soit hyper compliqué. Clea m'a convaincue du contraire avec cette recette, qui met également à l'honneur un ingrédient que l'on adore à la maison : le tempeh (ajoutez à ça une marinade à base de beurre de cacahuète, et on touche au sublime haha!). Alors certes, ça demande un peu plus de préparation qu'un plat de spaghettis, mais rien d'insurmontable non plus, et le résultat est évidemment délicieux. Maintenant, je n'ai plus aucune excuse pour ne pas tenter cette version aux légumes chez The Woks of Life!


Passons maintenant à mon coeur lecture de ce mois de février (voire même, de ces derniers mois, je crois que je n'avais pas accroché à un livre à ce point depuis The Expanse cet été!). J'avais prévu de vous faire des posts lecture en février, mais je n'ai pas eu le temps de m'y atteler sérieusement, et je pense que c'est cuit pour mars aussi, alors je ne veux pas prendre le risque de ne jamais vous parler de cette saga absolument passionnante! Allez, j'arrête avec mon suspense à deux balles : il s'agit de La Passe-Miroir, de Christelle Dabos. Vous en avez probablement déjà entendu parler, tant le succès rencontré par les deux premiers tomes est immense, en tout cas après des membres du groupe Facebook du Club Lecture Mango and Salt! Victoria a d'ailleurs consacré un article au sujet de ces deux livres que je vous invite à aller lire, car son analyse est très pertinente (et sans spoil!), je n'aurais pas fait mieux (et en plus je m'épargne de taper le résumé de l'histoire, haha!)

Je pense ne pas exagérer en disant que cette saga a un pouvoir d'addiction du niveau d'Harry Potter, pour ma part j'ai été totalement enthousiasmée par l'univers, les personnages et la plume de l'auteur (pas du tout "infantilisante" comme on peut trop souvent le voir dans les romans jeunesse). Moi qui adore le fantastique, j'ai été servie, je crois même que je n'avais pas lu quelques chose de cette qualité depuis très longtemps, l'histoire est parfaitement cohérente, les péripéties sont savamment dosées, et le mystère au coeur de la saga est véritablement passionnant. Ces deux premiers tomes, que j'ai dévorés à vitesse grand V, m'ont rappelé mon enfance et mon adolescence, passées à bouquiner des oeuvres du même genre.

Pour finir, un favori tout à fait différent, puisqu'il s'agit d'un site internet. A vrai dire, je voulais vous en parler le mois dernier, mais ça m'est totalement sorti de la tête... Je crois que je devrais renommer ce blog "mieux vaut tard que jamais", à force! Enfin bref... S'il vous est déjà arrivé de vouloir agir pour la planète sans trop savoir comment vous y prendre, rassurez-vous, vous n'êtes pas seul(e)! C'est pour y remédier que le site Qu'est-ce qu'on fait? a été crée. Il présente, sous forme d'infographies, des informations au sujet de différents problèmes environnementaux ou sociaux, de façon neutre et ludique. Mais surtout, le site propose des pistes d'action pour chaque problème étudié, des microbilles plastiques au cyberharcèlement. Le site prpose également une application pour aider à mieux consommer, avec une sélection d'adresses et de bons plans (pour l'instant limité à Paris, mais le site promet une extension au reste de la France). Une très bonne découverte donc, j'apprécie ce genre d'initiatives qui aident à agir au quotidien pour une société plus durable!