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vendredi 30 septembre 2016

Pretty duo

Ce short est maudit. Non seulement j'ai galéré comme une dingue à le réaliser, mais j'ai aussi perdu le premier brouillon de cet article, totalement évaporé dans les méandres d'internet. Je sais qu'on dit que dans 99% des bugs informatiques, la source du problème se trouve entre la chaise et l'écran, mais je crois bien que mon cas tombe dans 1% résiduel...  J'ai bien essayé de récupérer mon article (grâce à ce tuto absolument formidable), mais rien à faire, Blogger m'a bel et bien mélangé deux brouillons, histoire de couronner une journée où tout a marché de travers... J'ai hésité à entre aller me rouler en boule dans mon lit et pleurer ou bien tout casser dans mon appart (pas du tout excessive la nana hein...), et puis finalement, j'ai mis Ghost à fond (mon nouveau groupe préféré <3), j'ai respiré un bon coup, et j'ai recommencé de zéro. Attrapez le pop corn/un mug de thé géant, et installez-vous confortablement, c'est une longue histoire.



  
En avril dernier, j'ai acheté pour la première fois un numéro du magazine Burda Style, magazine dont je m'étais jusqu'à présent tenue éloignée car leurs patrons ont la réputation de ne pas être des plus simples à réaliser. Pour commencer, il faut déjà retrouver les bonnes pièces au milieu de planches surchargées, qui ressemblent plus à un message codé de la CIA qu'autre chose (celle du numéro d'avril ressemble à ça...). Ensuite, il faut se débrouiller avec des explications minimalistes et non illustrées. On est donc bien loin du confort des patrons indépendants. En plus de ça, j'avais une vision assez ringarde des modèles Burda, gardant en tête le souvenir de patrons de déguisement ou de vêtements aux coupes beaucoup trop vieillottes à mon goût que l'on pouvait trouver en mercerie. Mais en feuilletant le numéro d'avril, plus par curiosité qu'autre chose au départ, j'ai repéré plusieurs modèles qui me plaisaient et j'ai donc décidé de tenter l'aventure.


Je n'ai pas de suite remarqué ce short, il faut dire qu'il est assez peu visible sur la page de présentation du modèle. Cependant, à force de parcourir le magazine en long, en large et en travers, j'ai fini par le repérer et j'ai vu là l'occasion de me faire un short en suédine pour l'été, pile le genre de pièce qu'on voyait beaucoup en boutique à ce moment et qui me faisait très envie. Le hasard faisant bien les choses, il y avait justement une très belle suédine caramel chez Pretty Mercerie et je me suis empressée d'en commander un morceau, espérant finir mon short avant de partir en séminaire fin mai. C'est cela, ouiiiii... Quand je vois que je n'ai finalement attaqué ma toile qu'à la fin du mois de juillet, pour une version finale terminée vers la mi-septembre, je ris de mon optimisme... J'ai tout de même eu de la chance dans mon malheur car ce modèle faisait l'objet de la rubrique "cours de couture" du magazine et bénéficiait donc d'explications illustrées et d'un coloriage des différentes pièces sur la planche de patrons, ce qui m'a grandement facilité la tâche.



J'ai donc commencé par faire une toile, puisque les patrons Burda ont également la réputation de tailler grand. De plus, mes mensurations me donnaient comme d'habitude deux tailles différentes : 38 à la taille, 42 aux hanches. J'ai tout d'abord taillé tout en 42 pour voir si c'était au moins bon au niveau des hanches (et si, par miracle, ça ne collerait pas au niveau de la taille aussi, on peut toujours rêver), dans un reste de crêpe noir de chez Mondial Tissus. Bien entendu, ma toile s'est révélée trop grande au niveau de la taille, et le short se pose sur mes hanches, mais j'avais justement choisi mon tissu pour qu'il puisse s'accommoder d'un effet "oversize". J'ai d'ailleurs fait un ourlet à revers, qui collait mieux à ce style à mon goût. J'étais donc plutôt contente de ma toile et je me sentais prête à attaquer la version finale en suédine.

Mais nan, jsuis pas bourrée!

C'est là que les ennuis ont commencé. J'ai gradé mes pièces de patron entre deux tailles, découpé mon tissu, formé les plis, monté les poches, assemblé les jambes, et j'ai été prise d'un doute : mon short me semblait aussi grand que ma toile. Je prends quelques mesures et le verdict tombe : j'ai bien du 42 partout. Je respire un grand coup, je cogite à fond et crois comprendre mon erreur, je rectifie donc mes pièces de patron, redécoupe des fonds de poche avant (j'ai utilisé le reste de tissu de ma blouse Macumba), découds presque tout, remonte les poches, réassemble les jambes et... J'ai l'impression d'avoir toujours du 42... Non, en fait ce n'est pas qu'une impression, c'est la réalité. En plus j'ai monté une poche à l'envers. Argh. Comme j'ai vraiment très envie de ce short, je résiste à l'envie de tout jeter par la fenêtre et je dégaine à nouveau mon découd-vite, qui aura définitivement bien plus travaillé que ma machine à coudre sur ce projet...

Troisième tentative, cette fois je suis bien déterminée à ce que soit la bonne et je décide de "tricher" sur le montage pour obtenir du 38 à la taille. Je prends les mesures directement sur la ceinture et les reporte sur les jambes, et j'assemble les côtés. Enfin, c'est une victoire! Je monte la ceinture et la fermeture éclair, il y a un petit défaut d'alignement au niveau de la ceinture et j'hésite à défaire le zip et à le poser une nouvelle fois. Après tout, avec toutes les galères que j'ai déjà connu, je ne suis plus à ça près, et ce serait dommage de ne se contenter que d'à peu près, d'autant plus que toutes les autres jonctions sont bien alignées. Mais chéri me convainc que ça ne se voit pas trop, et que j'en ai déjà suffisamment bavé pour me prendre la tête avec ce détail. Je laisse donc les choses en l'état et je rabats la doublure de la ceinture. Au passage, je décide de coucher les surplus de couture vers le bas plutôt que vers le haut comme indiqué dans les instructions, car sur la toile, j'avais trouvé que ça faisait un petit bourrelet dans la ceinture, et j'avais peur qu'avec l'épaisseur de la suédine, ça fasse vraiment un gros pâté.


Arrivée au bout, j'admire mon oeuvre : bon, le rabat interne s'est décalé au fur et à mesure de ma couture et est donc vrillé, mais si je tire un peu dessus en mettant le short, ça ne se voit pas trop. Tout de même, ça me chiffonne. Et puis rabattre les marges de couture vers le bas était en fait la pire idée que j'aie eue : elles forment des gros bourrelets au niveau des plis et des poches, je ne peux définitivement pas laisser ça comme ça. Je m'arme de toute ma zénitude possible, je re-re-re-dégaine le découd-vite et démonte le revers de la ceinture. J'élague un peu les surépaisseurs au niveau des plis et des poches, je rabats les marges de coutures vers le haut en soignant la pointe centrale au maximum (c'est clairement la partie la plus délicate du short) et j'épingle soigneusement le tout. Je pique avec la plus grande minutie, pile dans la couture entre la ceinture et les jambes, et enfin, ENFIN, je suis arrivée à bout de mon short! Plus que l'ourlet du bas (pour lequel j'ai eu peur de ne pas avoir assez de fil, car à force de coudre, découdre et recoudre, j'ai presque passé une bobine de 100 mètres!) et je tiens désormais mon précieux entre mes doigts. A la mi-septembre. Soit à une semaine de l'automne... Heureusement pour moi que les beaux jours font du rab, et que j'ai mes cuissardes pour les jours plus froids (parce que là, je les ai seulement mises pour la photo, il faisait bien trop chaud pour les porter réellement!). Je trouve qu'elles s'accommodent bien avec l'effet bouffant du short, et donnent un look un peu "mousquetaire des 70's" qui me plait beaucoup. Happy end? Eh bien, je ne sais pas... Même en 38 au niveau de la taille, mon short est un peu grand et glisse légèrement sur mes hanches, peut-être qu'un 36-40 aurait suffit en fait, on n'est pas loin de l'effet parachute... Je songe à ajouter un élastique à l'arrière, comme sur ma jupe-culotte, mais ça implique de démonter le dos du rabat de la ceinture, et pour l'instant je n'en ai pas le courage. Je commence à peine à retrouver mon mojo couture, mis à mal par toutes ces mésaventures qui m'ont éloignée de ma machine pendant toute la fin du mois de septembre. Alors la dernière chose dont j'ai besoin, c'est de me prendre à nouveau la tête sur ce short... Bref, affaire à suivre!


Bon, vous êtes toujours là? Parce que si j'en ai fini avec mon short, j'ai encore une pièce à vous présenter. En effet, le "duo" auquel le titre fait référence est en fait l'ensemble short en suédine-haut moucheté que je porte sur les photos, puisque ce dernier est également fait maison. Il s'agit du patron de la blouse Cézembre d'Anne Kerdilès, que j'avais commandé en même temps que la blouse Milan lors d'une promo sur les patrons pochette. J'avais aussi commandé ce polyester en même temps que ma suédine chez Pretty Mercerie, et j'hésitais à en faire une seconde Brune, mais j'ai finalement choisi Cézembre. J'ai taillé un 36, d'après mes mensurations, mais un 38 aurait peut-être été plus approprié, surtout au niveau des hanches, d'autant plus que ce tissu est un peu raide. J'ai d'ailleurs eu un peu de mal à le coudre, non pas qu'il fût glissant comme je le craignais, mais parce qu'il était étonnamment résistant. J'avais du mal à piquer mes épingles dedans, et ma machine ne l'a pas beaucoup apprécié non plus, elle qui avait déjà des petits soucis de tension. A la fin, elle m'a fait des points atroces et j'ai du l'emmener en réparation... Mais à part ça, pas de difficultés sur ce modèle. Je le trouve peut-être un peu court à l'avant et au niveau des jointures, et d'ailleurs ce n'est pas très harmonieux avec un bas bouffant comme ce short... Il faudra donc que je pense à rallonger un peu les éventuelles suivantes. Autre petit regret, j'ai pensé après coup qu'un passepoil doré aurait été le bienvenu pour souligner les coutures de l'empiècement, mais comme je n'en ai jamais posé, je me dis que j'ai peut-être évité une catastrophe!



Et voilààààà, cette fois j'en ai fini pour de bon, pfiooouu! J'avais, dans mon premier brouillon, terminé mon article avec un bilan technique/wearability sur les deux patrons, mais là j'ai vraiment trop la flemme de recommencer, et je pense que cet article est déjà assez long comme ça, alors je m'arrête là. Je vous souhaite un excellent premier weekend d'octobre :) (mon mois préféré en automne, youpi!)

mardi 27 septembre 2016

Tarte fine à l'oignon et à la tomate // Onion and tomato tart

Il y a un truc qui m'agace un peu sur la blogo en ce moment. Rien de bien grave, à vrai dire c'est même plutôt ridicule, vous allez voir. Il s'agit de l'usage intempestif de l'expression "été indien", dégainée dès le 1er septembre pour décrire les belles journées qui se prolongent une fois la rentrée passée. Mais ça, c'est l'été tout court, pas l'été indien. Certes, météorologiquement parlant, l'automne commence en septembre. Mais grâce à notre cher ami le réchauffement climatique, il est de moins en moins rare de voir les températures estivales déborder après le 31 août. L'expression "été indien", elle, désigne une période de redoux qui apparaît après les premières gelées d'automne, et qui a lieu vers la mi-octobre (du moins au Québec). Rien à voir, donc, avec cette première moitié de septembre caniculaire qu'on a connue cette année. Voilà, c'était un message du Comité pour l'Utilisation Correcte des Expressions Météorologiques.


Bref, tout ça pour dire que même si on est officiellement en automne maintenant, aussi bien météorologiquement qu'astronomiquement parlant (et OH MY GOD heureusement car je n'en pouvais plus de la chaleur!), je n'en ai pas encore tout à fait fini avec les légumes d'été. Enfin, du moins avec les tomates, car ma grand-mère et celle de chéri nous ont généreusement dotés en légumes pendant les quelques jours de vacances que nous avons passés en famille la semaine dernière. Sans exagérer, on s'est retrouvés avec cinq bon kilos de tomates sur les bras, et ça fait une semaine qu'on en mange à toutes les sauces (hihi, c'est le cas de le dire!).



Dernière "tomatade" en date : cette tarte fine, qui, rendons à César ce qui appartient à César, est une recette piquée à ma maman, la pro des tartes salées dans la famille. Elle nous l'a servie lors d'un apéro pendant nos vacances, et c'était un tel délice que je me devais de la partager ici. Alors bien sûr, si vous n'aimez pas les oignons, ce n'est pas une recette pour vous, mais moi je trouve que c'est une recette qui fait parfaitement la transition entre recettes d'été et d'automne (mais je ne l'aurais pas reniée en plein coeur de l'été lors d'un pique-nique non plus!). Le plus long sera de faire confire les oignons, mais une fois cette étape passée, le plus dur est fait! Cette tarte sera d'autant plus réussie avec des tomates bien mûres comme on en trouve en cette saison, alors si vous aussi vous avez une mamie/voisine/collègue qui vous a refilé la fin de sa production, vous savez désormais quoi en faire!





Tarte fine à l'oignon et à la tomate {vegan, sans soja}
Pour une tarte :
- 100 g de farine de blé
- 50 g de farine de maïs (ou de farine de blé supplémentaire)
- 4 cs d'huile d'olive (cuillères à soupe classiques, pas de cuillères mesureuses)
- 1 cc d'origan ou de thym séché (optionnel)
- 3 oignons
- 1 tomate bien mûre de taille moyenne, coupée en dés (ou 3 cs de sauce tomate, ou de pulpe de tomate en dés)
- une dizaine de tomates de petite taille (5 cm de diamètre) ou 2-3 tomates normales
- 2 cs de pignons de pin
- sel, poivre, huile d'olive

Dans un saladier, mélangez les farines avec l'origan ou le thym et 1/2 cs de sel fin. Ajoutez les 4 cs d'huile d'olive et mélangez pour incorporer l'huile. Ajoutez progressivement de l'eau en pétrissant pour obtenir une boule de pâte uniforme.

Pelez les oignon et détaillez-les en lanières. Faites chauffer 2 cs d'huile d'olive dans une grande poêle et faites revenir les oignons avec une pincée de sel à feu vif pendant quelques minutes, en remuant constamment, jusqu'à ce qu'ils deviennent translucides. Lorsque les oignons commencent à blondir, baissez le feu et laissez cuire à feu moyen-doux remuant de temps en temps, pendant une quinzaine de minutes. A ce stade, les oignons devraient être mous mais pas encore totalement cuits.

Ajoutez la tomate en dés et poursuivez la cuisson à feu doux, jusqu'à ce que la tomate se délite et que les oignons soient bien confits. La durée de cette étape dépendra de vos oignons, mais il faut bien compter une vingtaine de minutes. Vous pouvez ajouter un demi verre d'eau et laissez cuire doucement jusqu'à évaporation pour bien attendrir les oignons.

Foncez un moule à tarte avec la pâte, et étalez les oignons en une couche uniforme par dessus.

Coupez les petites tomates en deux, ou si vous utilisez des tomates de tailles normales, faites des tranches de 2 cm d'épaisseur. Faites chauffer un peu d'huile dans la poêle des oignons. Quand l'huile est bien chaude, déposez-y les tomates, face coupée vers le bas. Saisissez-les 2 min à feu vif.

 Répartissez les morceaux de tomates sur la tarte, côté coupé vers le haut.

Enfournez 15 minutes à 180°C, puis parsemez la tarte de pignons et remettez-la au four pour 5 à 10 minutes, ou jusqu'à ce que la pâte soit bien dorée. Servez chaud ou froid.



Onion and tomato tart {vegan, soy-free}
Makes 1 tart :
- 100g wheat flour
- 50g corn flour (or more wheat flour)
- 5 tsp olive oil (measuring spoons, 4 TBSP if using regular spoons)
- 1 tsp dried thyme or oregano (optionnal)
- 2 onions
- 1 medium, very ripe tomato, diced (or 1/4 cup crushed tomato from a can)
- approx. 10 small grape tomatoes, or 2-3 regular ones
- 2 tbsp pine nuts
- salt, pepper, olive oil

In a large bowl, mix the flours, thyme or oregano and 1/4 tsp fine salt. Add the 5 tsp olive oil and mix with your fingertips to blend the oil into the flour. Add water gradually while working the dough,until a soft ball forms.

Peel and slice the onions. Heat 2 tbsp olive oil in a pan and cook them on high heat for a few minutes, until transluscent. When they start to brown, lower the heat to medium low-and cook for about 15 minutes, until soft. Add the diced tomato and keep cooking until completely soft (it should take at least 20 min, depending on your onions). You can add 1/2 glass water into the pan and let it simmer gently to help the onion soften. Season to taste.

Line a pie dish with the dough and spread the cooked onions in the bottom.

Slice the tomatoes in half (or in 1.5 inch slices if unsing regular tomatoes). Heat a bit of olive oil in the onion pan, and when hot, sear the tomatoes for 2 minutes, cut side down.

Spread the tomatoes on the onions, cut side up.

Bake at 180°C for 15 minutes, then sprinkle the pine nuts on top and bake for 5-10 additional minutes, until the crust is golden. Serve hot or cold.

jeudi 22 septembre 2016

Wok de haricots plats au tempeh // Flat beans and tempeh stir-fry


Je trouve qu'il y a des légumes qui sont sous-estimés, cantonnés à un rôle qui ne leur convient pourtant pas. Les carottes, par exemple. Souvent, on les sert crues, râpées. En soi, c'est pas mauvais, et puis ça conserve les vitamines, mais ce n'est pas ce qu'on fait de mieux. En soupe ou en purée, il y a déjà du progrès. Mais en poêlée avec du cumin, ou mieux, confites au four, ça, ça vous sublime une carotte! C'est pareil avec les haricots verts. 9 fois sur 10, on les sort d'une boîte de conserve et on les sert mollement en accompagnement. Et ça, c'est clairement le pire usage qu'on puisse en faire à mes yeux.



Car le haricot vert mérite mieux que ça. Déjà, c'est pas très sympa de l'avoir fourré dans une boîte, où il a perdu toute sa saveur. Si vous voulez vraiment faire honneur au haricot vert, oubliez les conserves. Non, vraiment, c'est pas bon. Choisissez le frais (profitez-en vite avant que la saison ne se termine!) ou congelé, et faites-le cuire légèrement à la vapeur en lui gardant un peu de croquant, ça changera tout. Ensuite, servez-le tiède, en salade avec des tomates coeur de boeuf tranchées, de l'échalote et une bonne vinaigrette, ou bien faites le revenir avec un peu d'ail et de persil, et je vous promets qu'après ça, vous ne retournerez jamais aux conserves.


Bon, j'ai beau savoir tout ça, il y a une variété de haricot que je refusais de manger jusqu'à présent : le haricot plat. Je n'en gardais qu'un (mauvais) souvenir des poêlées trop cuites qu'on nous servait à la cantine. Mais cette année, à la cueillette où nous nous fournissons en légumes, il y en avait à foison, et j'ai voulu lui redonner une chance. Après tout, si son cousin le haricot vert est meilleur frais, il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement pour le haricot plat! Et histoire de conjurer le mauvais sort jusqu'au bout, j'ai choisi d'en faire une poêlée (je dois avouer que sur ce point, ils n'avaient pas tort à la cantine, le profil de ce haricot s'y prête particulièrement bien!), mais avec une touche asiatique, comme souvent dans ma cuisine. Et vous savez quoi? J'ai appris de ma propre leçon : le haricot plat, c'est très bon, pour peu qu'on le sorte un peu de ses sentiers battus!


Wok de haricots plats et tempeh {vegan, sans gluten, sans noix}
Pour 2 à 4 personnes :
- 300 g de haricots plats frais ou surgelés et décongelés
- 100 g de tempeh
- une dizaine de champignons de Paris
- un oignon
- 2 cs de sauce soja (sans gluten si besoin) ou de sauce de poisson (évidemment non vegan!)
- 1/2 cc de poivre noir fraîchement moulu

Equeutez les haricots et decoupez-les en tronçons d'environ 3 cm de long. Blanchissez-les 5 minutes dans de l'eau bouillante, et rincez à l'eau froide pour stopper la cuisson.

Détaillez l'oignon, le tempeh et les champignons en lamelles.

Faites chauffer a feu vif 1 cs d'huile végétale au goût neutre dans une grande poêle ou un wok. Ajoutez l'oignon et faites-le sauter quelques minutes, jusqu'à ce qu'il commence à devenir translucide.

Ajoutez le tempeh et les champignons et faites sauter 5 minutes en remuant bien. Le tempeh doit être légèrement doré et les champignons doivent perdre de leur eau.

Ajoutez les haricots, la sauce soja et le poivre et mélangez bien pour répartir l'assainissement. Faites cuire encore une minute et servez seul ou accompagné de riz.


Flat beans and tempeh stir-fry {vegan, gluten-free, nut-free}
Serves 2 to 4 :
- 300 g fresh or frozen and thawed flat beans
- 100 g tempeh
- a dozen button mushrooms
- 1 onion
- 2 tbsp soy sauce (use GF if needed) or fish sauce (obviously not vegan!)
- 1/2 tsp fresh cracked pepper

Snap the ends of the beans and chop them in 1 inch pieces. Blanch them for 5 minutes in boiling water then run under cold water to stop cooking.

Slice the onion, mushrooms and tempeh.

Heat 1 tbsp neutral vegetable oil over high heat in a wok or large pan. Sauté the onion for a few minutes, until translucent.

Add the tempeh and mushrooms and stir-fry for 5 minutes. The tempeh must brown slightly and the mushrooms shoukd start to shrink.

Add the drained beans, soy sauce and pepper and toss well. Cook for 1 minute and serve on it's own or with rice on the side.

jeudi 15 septembre 2016

Gratin de riz et de courgette à la tapenade verte // Rice, zucchini and green tapenade casserole

Votre maman vous a déjà parlé du concept de beauté intérieure? Bien, parce que c'est un peu le thème de la recette d'aujourd'hui... Ce gratin, quand je l'ai imaginé, il était beau comme tout, avec un dessus marbré de vert et un intérieur tout en camaïeu. Et puis voilà, à la sortie du four, il est tout marronasse, et une fois servi, il a une tête de gloubi-boulga de compétition... Life vs expectations, comme on dit. Mais, rappelez-vous, on a dit beauté intérieure. Alors même si de dehors, c'est pas le Brad Pitt des gratins, de dedans, il est très bon et il s'avère un allié de choix pour se débarrasser d'un reste de riz cuit et des courgettes qui envahissent votre bac à bières à légumes en cette saison. Parce que oui, vous savez, on arrive à la période de la courgette-géante-que-mamie/le voisin/le collègue-vous-a-donné-parce-que-vous-avez-fait-l'erreur-de-dire-que-vous-aimez-ça, celle qui pèse 5 kg à elle seule et que vous ne savez pas comment liquider. Bon, je ne peux pas vous promettre que vous y arriverez avec cette recette (à moins d'en faire pour 12 et d'en refiler à tous ceux qui vous ont largué une courgette géante dans les bras, vengeance!), mais c'est déjà ça de pris, non?







Gratin de riz et de courgette à la tapenade verte {vegan, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 300 g de riz cuit
- 300 à 500 g de courgette
- 200 ml de crème végétale de votre choix
- 100 g de tapenade verte (attention, les tapenades du commerce contiennent souvent des anchois, vérifiez bien la composition si vous êtes végéta*ien!)
- optionnel : une douzaine d'olives vertes dénoyautées ou quelques champignons de Paris

Râpez la courgette avec une râpe à gros trous et mélangez-la avec le riz et 50 ml de crème végétale. Assaisonnez au goût (attention à ne pas trop saler, les tapenades le sont généralement déjà). Ajoutez également les olives vertes ou les champignons grossièrement hachés si vous en utilisez.

Dans un plat à gratin, déposez une première couche du mélange de riz et courgettes en tassant bien. Répartissez quelques petits tas de tapenade (environ 1/2 cc par tas) par dessus, puis recouvrez à nouveau du mélange riz et courgette. Répétez l'opération jusqu'à épuisement du riz, en prenant garde de conserver environ le tiers de la tapenade pour la suite.

Versez le restant de crème végétale à la surface du gratin et parsemez de petits tas de tapenade. Marbrez légèrement la surface à l'aide de la pointe d'un couteau, et enfournez 25 minutes à 180°C, ou jusqu'à ce que le dessus soit doré.



Rice, zucchini and green tapenade casserole {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 :
- 300g cooked rice
- 300g to 500 g zucchini or summer squash
- 100 g green tapenade, homemade or storebought (if you're vegan, check the ingredients if using storebought as tapenade traditionally includes anchovies)
- 200 ml vegetable creamer of your choice
- optionnal : a dozen pitted green olives or button mushrooms, roughly chopped

Coarsely grate the zucchini and add to the cooked rice. Add 50 ml creamer and chopped olives/mushrooms (if using) and toss. Season to taste (be aware that tapenade is usually very salty so don't use too much salt).

In an oven proof dish, spread a few tablespoon of the rice mix and press down. Drop a few spoonfuls of tapenade on top (approx. 1/2 tsp at a time) then cover with another layer of rice, and so on until you don't have any of the rice mix. Be sure to keep about 1/3 of the tapenade for the rest of the recipe.

Pour the remaining vegetable creamer on top of the dish and drop the remaining tapenade. Run a knife through the top layer to create a marbled effect at the surface of the dish.

Bake at 180°C for 25 minutes, or until golden on top.

mardi 13 septembre 2016

Burger d'aubergine et sauce au poivron grillé // Eggplant burger and roasted red pepper sauce


Si vous êtes un amateur de burger végéta*ien, vous avez très probablement déjà entendu parler de Portobello burger, dans lequel un champignon géant du même nom remplace le steak. C'est une recette que j'ai toujours voulu tester mais je n'ai malheureusement jamais trouvé ces précieux Portobellos en France (j'en ai bien aperçu une fois à Bruxelles et je m'en mords les doigts de ne pas en avoir ramené!). En revanche, on trouve facilement en ce moment d'énormes aubergines, qui, une fois coupées en tranches épaisses et grillées, peuvent elles aussi faire office de steak dans un burger végétal. L'avantage, c'est que je trouve cette version plus légère qu'un burger végé "classique" à base de légumineuses ou de soja, d'autant plus que je trouve qu'on peut facilement se passer de fromage, même vegan, car la texture fondante de l'aubergine et son goût délicat se suffisent à eux mêmes. Et qui dit burger plus léger, dit double ration de frites! ;)





Ce burger estival (oui, oui, je sais qu'on est en Septembre, mais chez moi il fait toujours une chaleur digne du mois d'Août alors...) est également garni d'une sauce à base de poivron rouge rôti, un peu façon pesto rosso. Je vous conseille d'ailleurs de ne pas passer à côté de celle-ci, car elle est absolument démente! Aussi bonne chaude que froide, elle saura également accompagner vos pâtes ou toute autre céréale, pour relever des oeufs au plat, pourra être utilisée en tartinade ou en dip en apéro, venir garnir un sandwich, un fond de tarte ou de pizza, ou encore des roulés ou palmiers salés, ... Bref, une sauce multi-usages comme on les aime! En tout cas, moi je compte bien m'en gaver d'ici la fin de la saison des poivrons! Et encore une fois, excusez moi pour la qualité pas top-top des photos, encore une fois prises presque de nuit (mais avec les lumières allumées cette fois, pas question que je fiche tous mes clichés en l'air comme pour mes feuilletés!) J'ai pu arranger à peu près les choses lors de la phase de retouche, mais le résultat est tout de même loin d'être parfait...



Burgers d'aubergine {vegan, option sans gluten, option sans noix, option sans soja}
Par portion :
- 1 bun à burger (vegan/sans gluten/sans soja si besoin, j'utilise le plus souvent la recette de Marie Laforêt dans Vegan, mais il y en a aussi plusieurs dans Veggie Burger de Cléa et Estérelle Payany dont une sans gluten, ou bien sur la blogo!)
- 1 grosse tranche d'aubergine, d'environ 12 cm de diamètre et de 3 cm d'épaisseur (ici de l'aubergine blanche, mais une variété violette convient tout à fait)
- 1 généreuse cs de sauce au poivron grillé (voir recette ci-dessous) ou à défaut, de pesto rosso ou de ketchup
- garnitures : salade (j'ai une préférence pour la roquette dans cette recette, mais je n'en avais pas cette fois), tranches de tomate, d'oignon rouge, de concombre (frais ou en pickles), ou autres garnitures suivant votre goût
- huile d'olive, sel, poivre

A l'aide d'un pinceau, badigeonnez bien la tranche d'aubergine d'huile d'olive de chaque côté et assaisonnez-la de sel et de poivre.

Faites-la griller dans une poêle grill (ou classique) à feu vif ou sur un barbecue, 4 à 5 minutes de chaque côté, en la retournant délicatement. Elle doit être complètement tendre. Vous pouvez également la faire griller au four, à 200°C pendant une quinzaine de minutes (mais je préfère cependant la cuisson à la poêle qui la desséchera moins à la surface).

Tranchez votre bun en deux et faites-le légèrement griller. Tartinez-en la base de sauce au poivron, ajoutez la salade, posez la tranche d'aubergine cuite par dessus et ajoutez le reste de votre garniture. Refermez et dégustez!

Sauce au poivron rôti {options vegan, sans gluten, sans soja, et sans noix}
Pour un bol de sauce :
- 3 poivrons rouges
- 1 grosse gousse d'ail
- 2 cs de pignons de pin, de noix de cajou grossièrement concassées, ou de graines de tournesol pour une version sans noix, ou bien de noisettes pour un goût plus prononcé
- une dizaine de feuilles de basilic
- 1 à 2 cs d'huile d'olive
- sel, poivre ou piment au goût
- optionnel : 50 à 100 ml de crème végétale (pour une sauce plus crémeuse)

Enveloppez les poivrons dans un morceau de film aluminium et faites les rôtir pendant 40 minutes dans un four à 200°C, ou jusqu'à ce qu'ils soient complètement mous et que la peau soit légèrement noircie. Vous pouvez aussi les faire griller au barbecue ou au-dessus d'une flamme.

Faites également rôtir la gousse d'ail en pendant une quinzaine de minutes, ou jusqu'à ce qu'elle soit tendre et qu'on puisse la transpercer complètement avec une lame de couteau. Vous pouvez également garder la gousse d'ail cru mais la sauce aura un goût plus fort.

Placez les poivrons chauds dans un sac de congélation et fermez-le hermétiquement. Laissez les poivrons suer une dizaine de minutes, puis pelez-les (la peau devrait se retirer toute seule) et retirez les graines. La technique fonctionne aussi avec un tupperware hermétique ou un bol recouvert de film plastique non perforé.

Faites toaster les pignons/noix/noisettes/graines de tournesol à sec dans une poêle placée sur feu vif, sans ajout de matière grasse, en remuant constamment, jusqu'à ce qu'ils soient légèrement dorés.

Dans le bol d'un mixer, placez les poivrons cuits, l'ail, le basilic, les pignons, 1 cs d'huile d'olive (et la crème végétale si vous en utilisez) et mixez jusqu'à l'obtention d'une sauce homogène. Au besoin, rajoutez une seconde cuillère d'huile, et un peu d'eau, pour obtenir la consistance désirée. Rectifiez l'assaisonnement avec du sel et du poivre ou du piment.

Se conserve quelques jours au frais.


Eggplant burger {vegan, gluten-, soy- and nut-free options}
Per burger : 
- 1 homemade or storebought bun (choose vegan/GF/soy-free as needed}
- 1 eggplant slice, approx. 12 cm (5 inches) in diameter and 3 cm (1 1/4 inch) thick (I used a white eggplant here but a regular purple one works too)
- 1 tbsp roasted red pepper sauce (recipe follows), or pesto rosso or ketchup
- toppings : salad or greens of your choice (I like arugula in this recipe, but I didn't find some this time), tomato, red onion and cucumber slices (either raw or pickled), or other toppings of your choice
- olive oil, salt, pepper

Brush well each side of the eggplant slice with olive oil and season with salt and pepper. Cook in a grill pan (or regular pan) on high heat, 4 to 5 minutes on each side, flipping delicately. The eggplant must be completely soft and pierce-able with a fork. You can also use a barbecue or an oven heated at 200°C (cook for about 15 minutes in the latter case. I however prefer the barbecue or pan method as the oven tends to dry out the eggplant slices on top).

Slice the bun in half and toast it a little. Spread the red pepper sauce on the base, top with salad, then the cooked eggplant slice and your other toppings. Close the bun and serve!

Roasted red pepper sauce {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free option}
Yields one bowl of sauce :
- 3 red peppers
- 1 big clove garlic
- 2 tbsp pine nuts, or chopped cashews, or sunflower seeds for a nut-free version. You can also use hazelnuts for a stronger taste.
- a dozen fresh basil leaves
- 1 to 2 tbsp olive oil
- salt, pepper or chili to taste
- optionnal : 5 to 0 cl vegetable creamer (yields a creamier sauce)

Roll the peppers into aluminium foil and cook in an oven at 200°C for 40 minutes, or until completely soft and with patches of burnt skin. You could also use a grill/barbecue or cook them over a flame with tongs.

Cook the garlic clove in its skin for 15 minutes in the oven, or until completely soft and pierce-able with a knife blade. You can also leave the garlic raw, but your sauce will have a stronger taste.

Place the cooked and still hot peppers in a ziplock bag and close it. Let the pepper sweat for 10 minutes, then peel them (the skin should come out easily) and remove the inner seeds and stem. This technique also works with a sealed Tupperware or a bowl covered with unpierced plastic foil.

In a dry pan on high heat, toast the pine nuts (or any other nuts/seeds you are using), stirring constantly until golden.

In a blender, place the cooked pepper, toasted nuts/seeds, peeled garlic clove, basil leaves and 1 tbsp olive oil (plus the vegetable creamer if using). Blend until smooth. Add more olive oil or water as needed. Season to taste with salt and pepper or chili and use as you would with pesto : in burgers, sandwiches, as pizza base, in pasta or other grains, with eggs, ... Keeps for a few days in the fridge.

jeudi 8 septembre 2016

Mes lectures de l'été : bilan (2/2 : bilan du Summer Challenge et pile à lire pour Septembre)

Voici donc la suite de mon précédent articles sur mes lectures estivales. Dans ce post, je voudrais dresser un constat de ma participation au Summer challenge, et également vous présenter ma liste de lecture pour le mois (ou plutôt, les mois!) à venir.

Après avoir détaillé mes lectures de l'été et mon avis sur celles-ci, je voulais faire un bilan sur ce que m'a apporté ce défi en lui-même. Eh bien c'est assez simple, il a redonné à la lecture une place plus importante dans mes loisirs, en me "forçant" un peu la main puisque j'avais une date butoir pour tout terminer. Car comme beaucoup de monde je pense, j'ai délaissé petit à petit les livres au profit de films, séries, blogs, etc. En somme, mon ordinateur et mon smartphone ont pris une place de plus en plus importante dans mes loisirs, et mes livres servaient surtout lors de mes déplacements en train pour le boulot. Mais quand on passe déjà sa journée sur un écran pour le travail, pourquoi en remettre une couche tous les soirs? Outre les effets néfastes sur le sommeil (et peut-être la vision, du fait de la lumière bleue émises par les écrans), je trouve que ces médias ont tendance à appauvrir notre capacité de concentration, là où un livre nous demande au contraire une immersion totale. J'ai donc l'impression que la lecture est bénéfique pour le fonctionnement de mon cerveau, qu'elle fixe mes pensée et les empêche de papillonner en permanence de notification en notification (enfin, pour autant qu'on se soit placé dans un environnement propice à la lecture et qu'on choisisse d'ignorer son téléphone pendant quelques heures), et me procure beaucoup plus de détente que de zoner sur les réseaux sociaux (sans compter qu'un livre ne m'apporte aucun déversement de haine et de bêtise comme on peut en voir aujourd'hui sur internet!). Autre victoire de ce challenge : mon copain s'est mis à lire avec moi, voire même à dévorer des bouquins en un temps record, lui qui n'est pourtant pas un grand amateur de lecture). Ceci dit, on continue quand même à regarder des films ou séries ensemble, car ça nous permet de discuter immédiatement de nos impressions mais je pense qu'à l'avenir on essaiera d'équilibrer un peu plus les deux activités.

Ma pile à lire pour Septembre. Ca va, je suis large!

De plus, ce challenge m'a aussi mis le coup de pied aux fesses qu'il me fallait pour enfin m'inscrire à la médiathèque de ma ville, et j'ai été très agréablement surprise de voir que les médiathèques des villes alentours se sont regroupées dans un réseau de 14 établissements dans lesquels je peux emprunter livres, CD, DVD, jeux vidéos, etc avec un seul et même abonnement! J'ai donc à ma disposition une liste de livres faramineuse, et fouiner dans les rayonnages m'a rappelé de bons souvenirs d'enfance! Sans compter que je n'encombre pas ma bibliothèque personnelle de romans que je ne relirai pas. C'est d'ailleurs ce dernier point qui m'a, en partie, motivée à suivre plus régulièrement les propositions du club lecture de Mango&Salt, mon autre motivation étant de sortir un peu de ma zone de confort en matière de lecture. Après tout, je peux toujours tenter l'aventure, et si le livre du mois ne me plaît pas, rien ne me force à le finir!

J'attaque donc le mois de Septembre avec Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy, un roman qui est à des lieues de mes goûts, mais qui recoupe un peu deux de mes lectures de l'été, puisqu'il s'agit d'une histoire se déroulant dans l'Angleterre victorienne (soit à la même époque que L'étrangleur de Cater Street) et qui met en scène une femme autour de laquelle gravitent plusieurs amants passionnés (un peu à la façon de Thérèse Raquin). J'avoue avoir peur d'un récit un peu trop cul-cul à mon goût, car je ne suis pas une amatrice d'histoires d'amour, mais on verra bien!



Outre ce grand classique de la littérature anglaise, il me reste mon dernier livre sélectionné pour le Summer Challenge, à savoir La guerre des rois, le second tome du Trône de Fer (saga plus connue sous le nom de la série qui en découle : Game of Thrones). Un bon gros pavé que je ne suis pas mécontente d'avoir gardé pour les mois pluvieux à venir (comme le disent si bien les Stark, "Winter is coming"! Même si avec les températures du moment, on a du mal à y croire...) et que je prendrai plaisir à lire cet automne avec une bonne tasse de thé à la main! J'ai aussi emprunté un autre méga pavé à la bibliothèque : Un monde sans fin, de Ken Follet. J'ai lu le tome précédent, Les Piliers de la terre, il y a quelques années et j'avais adoré ce livre. Donc quand je suis retombée sur cet auteur en parcourant les rayonnages pour constituer ma liste pour le Summer Challenge, je me suis promise de lire le second tome une fois ma pile à lire de l'été écoulée. J'avoue ne pas trop (voir même... pas du tout!) me souvenir de l'hisroire du premier, et j'espère que ça ne gènera pas ma lecture.



Et parce que deux pavés, ce n'est jamais assez (lol), j'ai depuis plusieurs mois le premier tome de l'Histoire du monde (consacrée aux âges anciens) de J.M. Roberts et revue par O.A. Westad. Ces derniers temps, j'ai ressenti le besoin de m'intéresser à l'histoire de l'humanité, mais dans une approche plus globale que ce qu'on nous a présenté durant notre scolarité. J'ai envie de savoir quelles civilisations on cohabité au fil des époques, car je ne fais aucun lien entre elles à l'échelle mondiale, et c'est pourquoi, lorsque je suis tombée sur ce livre un peu par hasard dans une librairie, je me suis décidée à combler cette lacune. L'Histoire du monde étant divisée en trois tomes, je ne suis pas prête d'en voir le bout, d'autant plus que je lis le premier volume petit à petit, entre deux lectures plus divertissantes.

Enfin (mais oui, il y en a encore un! #elleestfolle), mon amie Delphine m'a récemment prêté Antispéciste d'Aymeric Caron, un livre qui  traite de la cause animale, du veganisme, etc. Ce sont des sujets auxquels je m'intéresse beaucoup ces derniers temps, au point que les questions qui naissent en moi n'arrivent pas à trouver de réponses toute seules. Je me suis donc constitué une petite liste d'ouvrages sur le veganisme et la cause animale (et aussi le féminisme, autre sujet qui me travaille beaucoup dernièrement), dont Antispéciste ne faisait pas partie pour une raison que j'ignore, et que je suis donc contente d'avoir entre les mains. J'espère que cet ouvrage saura m'apporter des réponses, ou au moins des éclaircissements ou de nouvelles pistes de réflexion! Delphine, si tu me lis, encore merci de m'avoir prêté ce bouquin, comme tu peux le voir je ne suis pas prête de le finir avec tout ce que j'ai à lire, mais je te promets de faire de mon mieux afin qu'on puisse en discuter ensemble!

Voilà, comme vous le voyez, je ne risque pas d'avoir le temps de m'ennuyer en Septembre, et même pendant les mois suivants car je ne finirai bien évidemment pas tous ces ouvrages en un mois! Ma priorité va à Loin de la foule déchaînée, puisqu'il s'agit du livre du mois pour le Club Lecture de Mango&Salt, et à Un monde sans fin, car je dois le rendre dans un peu moins de 4 semaines maintenant (tout comme le roman de Thomas Hardy d'ailleurs!). Je vais aussi, comme dit juste au-dessus, m'atteler rapidement à Antispéciste. Pour les deux autres, j'ai un peu plus de temps devant moi, mais comme je suis du genre à me faire happer par une lecture qui me plaît, il n'est pas exclu que je commence La Guerre des rois et que je ne lâche plus jusqu'à ce que je l'aie fini, délaissant tous les autres au passage! Et vous, quels sont vos projets lecture pour Septembre? Avez-vous déjà lu un des livres présents dans ma liste? Des ouvrages à me conseiller pour Octobre?

mercredi 7 septembre 2016

Mes lectures de l'été : bilan (1/2 : mon avis sur mes lectures)

L'arrivée du mois de Septembre a sonné la fin du Summer Challenge organisé par Victoria de Mango&Salt, dans le cadre de son club lecture. J'avais décidé d'y participer puisque je souhaitas profiter de l'été pour me remettre à lire plus souvent, et j'avais donc choisi 5 livres selon les thèmes donnés par Victoria, plus un livre bonus. Soit donc 6 bouquins, dont deux gros pavés, à lire entre le 22 juillet et le 31 août. Je n'espérais pas tous les finir dans le temps imparti, mais je suis quand même très contente d'être arrivée à bout de cinq d'entre eux, et je pense que j'aurais pu boucler le sixième si j'avais commencé le challenge au début du mois de juillet (et non pas en plein milieu, en bonne procrastineuse que je suis...). Voici donc mon avis sur mes lectures de l'été, et sur ce challenge en général, ainsi qu'un petit aperçu de ma pile à livre pour les mois à venir!


Romans policiers : J'avais dans ma liste deux policiers, un genre que je lis beaucoup. Je dois avouer que j'ai parfois peur de me lasser un peu, et pour éviter ça j'essaie de varier les auteurs. Dans le cadre du challenge, je me suis tournée vers deux écrivains que je n'avais encore jamais lu, et par une coïncidence assez extraordinaire, il se trouve que j'ai choisi deux policiers plutôt éloignés du schéma conventionnel du genre (ou en tout cas du schéma tel qu'on se l'imagine).

Avec The Cater Street hangman (L'étrangleur de Cater Street, en français) d'Anne Perry, on plonge en plein Angleterre victorienne. A Londres, les habitants de Cater Street sont terrorisés par un meurtrier qui étrangle violemment des jeunes femmes à l'aide d'un fil métallique. La famille Ellison, membre de la petite bourgeoisie, va se retrouver au coeur de ce drame lorsque l'une de leur domestiques sera victime du tueur. La jeune Charlotte, avec son esprit anti-conformiste, va s'intéresser de près à l'enquête et fera ainsi la connaissance du curieux inspecteur Pitt... 

Avec ce résumé très Sherlock Holme-esque, je m'attendais donc à un déroulement des plus classiques : interrogatoires, récoltes d'indices, arrestations, fausses pistes, ... En réalité, la spécificité de ce roman est qu'on assiste très peu à l'enquête, si ce n'est à travers les visites de l'inspecteur à la famille Ellison, qui est, elle, au centre du roman. Le récit se passe presque d'ailleurs presque à huit clos dans leur demeure, seules quelques rares scènes ne s'y déroulent pas. Le rythme du récit est donc assez lent, et le coupable n'est dévoilé que dans les dernières pages du roman (j'ai d'ailleurs bien cru qu'il ne serait jamais connu, bien que je commençais à avoir quelques soupçons sur son identité dans les derniers chapitres). On est cependant conduit à douter, avec Charlotte, de l'honnêteté de certains membres de son entourage, au fil des rares découvertes de l'inspecteur Pitt, et on assiste à la façon dont les soupçons des uns font éclater les secrets des autres. Au final, L'étrangleur de Cater Street est centré sur le sujet de la préservation des apparences et de la bienséance dans la société victorienne, ainsi que sur le rôle de la femme à cette époque, et pose aussi la question de savoir à quel point nous connaissons réellement nos proches. Malgré son rythme lent par rapport aux thrillers que j'ai l'habitude de lire, j'ai beaucoup apprécié ce roman et le personnage de Charlotte, en décalage par rapport à ce que son époque attendait d'elle. J'ai un peu mois apprécié le côté romantique présent dans le récit, ou en tout cas les dénouements rapides et un peu cul-culs à mon goût des différentes intrigues amoureuses du livre. Je serais curieuse de savoir si les autres romans d'Anne Perry sont construits sur ce même rythme, ou si l'on assiste de plus près aux enquêtes, donc il est très probable que je lise prochainement un autre ouvrage de cette auteure!

Cap maintenant sur le Japon, avec Le dévouement du suspect X, de Keigo Higashino. Yasuko Hanaoda est une femme divorcée qui élève sa fille seule. Lorsque son ex-mari revient les harceler, les deux femmes le tuent et se retrouvent donc avec un cadavre sur les bras. Le voisin de Yasuko, un génial mais solitaire professeur de mathématiques épris de sa voisine, se propose alors de faire disparaître le corps et de faire en sorte que la police ne trouve pas les coupables. Lorsqu'un corps est découvert quelques jours plus tard, l'inspecteur Kunasagi est chargé de l'enquête. Le policier et le professeur de mathématiques découvrent alors qu'ils ont un ami en commun en la personne de Yukawa, un physicien brillant, qui cherchera lui aussi à résoudre ce meurtre présenté comme une énigme mathématiques.

Vous l'aurez donc compris, la spécificité de ce roman est que l'on connait l'identité des coupables dès le début de l'histoire. On assiste donc à l'enquête en sachant pertinemment quel devrait être son dénouement, et le suspense est plutôt de savoir si la police parviendra à réfuter ou non l'alibi presque parfait de Yasuko Hanaoka. J'ai beaucoup apprécié ce parti-pris très original pour un policier, ainsi que l'ambiance du récit, en bonne fan du Japon que je suis. A vrai dire, pour avoir appris un tout petit peu de japonais, je visualisais parfois l'usage de certaines onomatopées dans les conversations, c'était assez marrant! Et si j'attendais le dénouement avec impatience, je dois avouer que la fin du roman m'a agréablement prise au dépourvu. Là encore, j'ai refermé ce livre en ayant envie de relire cet auteur!



Romans de science-fiction : Autre doublé dans ma pile à lire, avec deux oeuvres de science-fiction, l'un étant un classique, voire même un des pionniers du genre, et l'autre beaucoup plus récent, mais qui ont tout deux été choisis à cause d'une série télé.

Le classique, c'est L'île du docteur Moreau, en référence à la série Orphan Black, qui est l'une de mes préférées du moment et que je conseille donc fortement aux amateurs de science-fiction, et qui fait référence à cet ouvrage à plusieurs reprises. L'histoire est celle d'un naufragé, recueilli par le taciturne Moriarty et conduit sur une île où le docteur Moreau, figure emblématique du savant fou, essaie de transformer des animaux en humains. Les résultats de ses expériences, des créatures hybrides et pas totalement humanisées, sont tenues de respecter La Loi, un ensemble de principes dictés par le scientifique, sous peine de retourner à leur état bestial d'origine...

Si le thème de la manipulation du vivant peut paraître assez classique de nos jours, à l'époque où ce roman est paru (soit en 1896, tout de même!), le sujet était très novateur, et c'est quelques chose que j'ai du garder à l'esprit au cours de ma lecture. En effet, par rapport à ce qui s'écrit aujourd'hui dans le genre de la science-fiction, L'île du Docteur Moreau m'a paru un peu mou, et j'ai trouvé le style de narration assez daté. Le récit contenait beaucoup moins de péripéties que ce à quoi je m'attendais, et j'avoue ne pas avoir été très impressionnée par les créatures du docteur, bien que qualifiées de "terrifiantes", "grotesques", "épouvantables", et j'en passe... Je pense que sa force se situe plutôt dans les réflexions apportées par le récit sur l'éthique scientifique, la souffrance (aussi bien animale qu'humaine) et son dépassement pour l'élévation vers une condition supérieure, ainsi que sur la frontière entre comportements animaux et humains. Au final, j'ai été assez surprise de constater que ce roman a été celui que j'ai le moins apprécié dans ma liste, mais je suis tout de même contente d'avoir lu un ouvrage fondateur de la science-fiction.

J'ai en revanche été beaucoup plus emballée par le second, à savoir L'éveil du Leviathan, premier tome de la saga The Expanse, aujourd'hui adaptée en série télé (mais que je n'ai en revanche jamais regardée). Lorsque le Canterbury, un transporteur de glace à destination des astéroïdes de la Ceinture, est détruit par des appareils de la flotte martienne après avoir répondu au signal de détresse du vaisseau Scopuli, la guerre est déclarée entre Mars et la Ceinture. Jim Holden, l'un des rares rescapés du Canterbury, va se retrouver au milieu de ce combat. Sa route va croiser celle de l'inspecteur Miller, à la recherche d'un certaine Julie Mao et ancienne membre de l'équipage du Scopuli. Ensemble, ils découvriront un secret que la jeune femme avait tenté de garder pour elle seule...

Après un avant-propos qui m'a clairement mis l'eau à la bouche, j'ai été déçue par le début du roman, assez lent et très centré sur cette histoire de guerre galactique qui ne m'intéressait que moyennement. J'avais hâte que les protagonistes retrouvent la fameuse Julie, et à partir de ce moment-là, j'ai été complètement happée par l'intrigue. Le rythme s'accélère nettement, le suspense grandit et les questions se multiplient de pages en pages, et le récit converge vers un final qui m'a pleinement satisfaite (au point que ce roman pourrait tout à fait exister uniquement par lui-même, sans être le premier tome d'une saga!).  La narration alterne entre le point de vue d'Holden et celui de Miller, et j'ai personnellement adhéré plus facilement au point de vue de ce dernier et j'avoue avoir été un peu agacée par le personnage de Jim Holden, un peu trop naïf et chevaleresque à mon goût. Rien de rédhibitoire cependant, d'autant plus que le personnage se déniaise un peu au fur et à mesure du récit. Sans aucun doute, ce livre est celui que j'ai préféré , et même si ce premier tome ne m'a absolument pas laissée sur ma faim, je suis très curieuse de lire les suivants (en particulier parce que le récit était tellement complet à mon goût que je me demande quelle peut être la suite!)


Littérature française : Le dernier ouvrage que j'ai lu cet été est Thérèse Raquin, de Zola. Un grand classique du naturalisme qui narre l'histoire de d'un femme mariée à un homme souffreteux, et qui vit elle même dans un état abruti, ses passions muselées par la mollesse de son époux. Quand ce dernier ramène Laurent, un de ses amis d'enfance, Thérèse s'éprend de cet homme et devient sa maîtresse. Sa passion dévorante pour Thérèse pousse Laurent à tuer Camille, le mari, pour pouvoir ensuite épouser la femme qu'il désire. Mais la culpabilité du crime s'immisce entre les deux amants et les empêche de profiter de leurs noces...

Je pensais que ce serait le livre qui me plairait le moins dans ma liste et que je mettrais du temps à en venir à bout, mais en réalité il n'a pas résisté aux vingt heures de bus pour Budapest (et au retour je n'avais plus rien à lire, autant vous dire que je m'en suis mordue les doigts!). J'aime bien lire Zola de temps en temps, mais je dois dire que je trouve parfois l'exercice un peu laborieux car ses romans ne sont pas ce qu'il y a de plus distrayant à mon goût. Pourtant, en choisissant Thérèse Raquin contre un tome de la saga des Rougon-Macquart, j'avais le sentiment d'une lecture plus facile, ou en tout cas plus prenante. Je pense que le format, plus court, de Thérèse Raquin a joué sur cette impression, mais le thème du récit me paraissait également plus propice à retenir mon attention que celui du Ventre de Paris (à savoir une description de la vie aux Halles de Paris). Ce fut effectivement le cas, même si, oeuvre naturaliste oblige, l'action est peu présente et l'accent est mis sur l'étude des passions, des sentiments et des relations entre les personnages. Beaucoup de descriptions donc, et un rythme assez lent, et pourtant il y a un sentiment de suspense qui se crée au fil du récit (ou tout au moins, une certaine tension) du fait de l'ambiance assez sordide et de plus en plus angoissante au fur et à mesure que le drame se noue. Je dois aussi noter avoir été surprise par certaines scènes assez crues pour l'époque (et qui ont d'ailleurs choqué les contemporains de Zola), notamment celle de la morgue, avec ses cadavres de noyés pourrissants décrits avec force détails. En conclusion, un livre plutôt agréable à lire (pour de la littérature classique, j'entends) et que je conseille à ceux qui voudraient s'attaquer aux oeuvres de Zola sans commencer par les mastodontes que sont l'Assomoir ou Germinal!


Voilà donc pour mes lectures de l'été! Et vous, quelles ont été les vôtres? Comme cet artcile est déjà bien assez long, j'ai décidé de le scinder en deux et de publier demain mon bilan général sur ce que m'a apporté le Summer Challenge, ainsi que ma liste de lecture pour Septembre. A demain, donc!